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mercredi 27 mai 2026 · Édition de 16:00 CET

Violences meurtrières et accidents : une semaine ordinaire sur la planète insécurisée

D’un attentat de la guérilla colombienne à Riohacha aux homicides à Cúcuta, en passant par des tragédies routières à Jérusalem et au Maroc, la violence quotidienne a frappé sur plusieurs continents en une semaine.

Géopolitique4 sources1 langues3 min de lectureMàj 17:12

L’attaque à l’explosif contre le bataillon d’infanterie mécanisée de Riohacha, revendiquée par la guérilla de l’ELN, a constitué le signal le plus aigu d’une semaine jalonnée de violences protéiformes. Douze soldats ont été blessés dans cette opération qui a visé une unité régulière en zone urbaine, rappelant la persistance d’un conflit armé que les accords de paix partiels n’ont jamais totalement éteint. Les autorités militaires colombiennes ont dénoncé un acte terroriste mettant en danger les civils, tandis que la première division de l’armée réitérait son rejet catégorique de telles actions.

Dans le même temps, la ville frontalière de Cúcuta s’enfonçait dans une nuit d’homicides où le mode opératoire du tueur à gages s’est imposé avec une banalité glaçante. Román Antonio Moreno Sequeda a été abattu dans un restaurant par un homme qui a tenu son arme d’une main et son téléphone de l’autre, avant de fuir en boitant. Quelques rues plus loin, le Vénézuélien Jhon Lenin Tapias Rendón a été encerclé par trois motards et exécuté sans possibilité de s’échapper. Dans le quartier périphérique de Cuberos Niño, un sans-abri a reçu une balle dans la tête au fond d’un canal d’évacuation, crime que les enquêteurs relient au microtrafic. Kaleth Sánchez Páez, lui, a survécu à deux impacts de balle alors qu’il se trouvait dans un parc du barrio El Salado – un sursaut d’espoir dans une séquence où la mort semblait partout à l’affût.

Loin des tropiques, d’autres formes de violence, accidentelles cette fois, rappellent la vulnérabilité quotidienne des citoyens face à la négligence ou au hasard. À Jérusalem, un homme d’une trentaine d’années en panne sur le bord de la route a été tué sur le coup par un véhicule qui n’a pu l’éviter. Les secours israéliens ont décrit une scène de « traumatisme multisystémique » sur l’avenue Ben Gourion, où la victime gisait sans pouls ni respiration, cependant qu’un second blessé était évacué. Au Maroc, les bilans hebdomadaires de la Direction générale de la sûreté nationale donnent la mesure d’une hécatombe routière : 33 morts et plus de 3 500 blessés en milieu urbain en sept jours, imputables à une litanie d’infractions allant de l’inattention à la conduite en état d’ébriété en passant par le refus de priorité. Les 52 649 contraventions relevées dans le même intervalle témoignent moins d’une police abusive que d’une transgression de masse, reflet d’un rapport distendu à la règle.

À l’échelle planétaire, ces faits divers épars dessinent la carte d’une insécurité polymorphe qui, de la pampa argentine – où un homme a été découvert le visage tuméfié, agonisant dans sa voiture sur un chemin de terre de Salta – aux avenues de Jérusalem, interroge la capacité des États à garantir la protection la plus élémentaire. La juxtaposition du crime organisé colombien, de l’accidentologie maghrébine et de la délinquance sud-américaine met en lumière des carences structurelles communes, que l’on pourrait résumer par un déficit de prévention et de présence institutionnelle dans les interstices de la vie ordinaire. Si l’Amérique latine continue de symboliser une violence extrême et visible, l’usure du quotidien au volant tue avec une régularité tout aussi implacable, rappelant que la paix ne se mesure pas seulement à l’absence de guérilla.

Cette actualité est parue dans

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La Opinión27 mai, 15:04
El Tribuno27 mai, 10:37
Kikar HaShabbat27 mai, 08:18
Hespress27 mai, 06:16