Trump réunit son cabinet alors que les négociations avec l’Iran entrent dans une phase critique
Entre espoir d’un accord et contestations internes, Washington cherche à mettre fin à un conflit impopulaire, tandis que Téhéran exige des garanties vérifiables.

En convoquant son cabinet ce mercredi à la Maison-Blanche, Donald Trump a placé les négociations avec l’Iran sous les feux d’un moment politique crucial. Après avoir affirmé que Washington et Téhéran étaient « en grande partie parvenus à un accord », le président américain doit désormais transformer un cessez-le-feu fragile en un traité durable, tout en apaisant une fronde républicaine qui juge les termes trop favorables à la République islamique. Le rendez-vous, initialement prévu à Camp David, se tiendra en présence de la presse, signe que l’administration entend scénariser sa quête de victoire.
Pourtant, les divergences sur le texte demeurent aiguës. Selon le secrétaire d’État Marco Rubio, les blocages portent sur « un mot, une phrase » – une formulation qui rappelle combien la technicité juridique des clauses nucléaires et de l’allègement des sanctions peut faire dérailler l’édifice diplomatique. Au Congrès, des sénateurs comme Ted Cruz, Lindsey Graham et Roger Wicker dénoncent une redite de l’accord conclu sous Barack Obama, que Trump avait lui-même déchiré en 2018, accusant l’équipe actuelle de brader la sécurité américaine.
L’opinion publique américaine, elle, reste profondément partagée. D’après des sondages relayés par la presse indonésienne, une majorité redoute un enlisement militaire tout en considérant le programme nucléaire iranien comme une menace sérieuse ; beaucoup s’inquiètent aussi des concessions que Washington pourrait consentir pour clore le conflit. Ce scepticisme populaire rencontre un écho dans les capitales étrangères : les médias russes relèvent le caractère public de la réunion sans commenter le fond, tandis que la presse brésilienne souligne la fragilité d’un cessez-le-feu qui peine à se muer en accord définitif. À Téhéran, les journaux économiques mettent surtout en avant l’opposition républicaine, perçue comme un obstacle au retour de l’Iran dans le commerce international.
Dans ce contexte, l’issue des tractations dépasse largement le tête-à-tête irano-américain. Pour les Européens, qui furent les architectes de l’accord de 2015 aux côtés de Washington, la crainte d’un nouvel effondrement après un éventuel changement d’administration plane sur toute avancée. La réouverture du détroit d’Ormuz, route vitale pour le pétrole mondial, et le démantèlement vérifiable de capacités nucléaires iraniennes conditionnent la crédibilité d’une « victoire » que Trump cherche à brandir avant les élections. Mais sans un mécanisme multilatéral robuste et l’aval du Congrès, le spectre d’une paix intenable ressemble davantage à une pause précaire qu’à une résolution durable.
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