Téhéran fustige les positions « contradictoires » de Washington et alerte sur une situation explosive
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a critiqué sur CNN les changements de posture américains, alors que les messages transitent toujours par le Pakistan.

Dans un entretien accordé dimanche à CNN à Téhéran, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a dressé un constat sévère des négociations indirectes avec Washington. Relatée par les médias iraniens, lusophones et arabophones, cette intervention révèle une impasse persistante. « Le principal problème avec cette administration, c’est que vous devez faire face à de multiples changements de position, à des objectifs mouvants, à des déclarations différentes et contradictoires de divers responsables », a-t-il martelé, cité à l’identique par l’ensemble des sources. Le canal de communication via des intermédiaires pakistanais reste néanmoins actif, preuve que les deux capitales ne veulent pas rompre totalement le fil.
Le contexte géopolitique accentue la gravité de ces propos. Depuis le retrait américain de l’accord nucléaire de 2015, les relations entre Téhéran et Washington sont marquées par une méfiance abyssale. La presse iranienne, à l’image de Hamshahri Online et Khabar Online, insiste sur un climat « très instable et très dangereux », tandis que la mention récurrente des avoirs iraniens gelés par les États-Unis rappelle l’asphyxie économique imposée par les sanctions. La médiation pakistanaise, discrète mais réelle, apparaît comme l’un des derniers remparts contre l’escalade.
Au cœur du blocage se trouve la question nucléaire. Baghaï a réitéré l’exigence que les Américains « reconnaissent les droits de l’Iran », en particulier celui à l’enrichissement pacifique garanti par le Traité de non-prolifération (TNP). Cette position constante est relayée aussi bien par CNN Brasil que par CNN Arabic, qui soulignent l’unité du discours officiel iranien. Pourtant, les « nombreux points de désaccord » demeurent, et la lassitude de Téhéran face à ce qu’il perçoit comme un manque de sérieux de Washington est palpable.
Dans un avertissement à peine voilé, Baghaï a affirmé que l’Iran répondra à toute attaque, rapporte Donya-e Eqtesad. Cette rhétorique martiale, combinée à la description d’une situation dangereuse, fait craindre une escalade si les pourparlers indirects n’aboutissent pas. Alors que l’administration américaine est accusée de « déplacer les poteaux de but », selon les termes relayés par Mehr News, la fenêtre diplomatique semble se réduire. Les capitales européennes, de Paris à Bruxelles, observent avec inquiétude cette impasse qui menace la stabilité régionale et le régime de non-prolifération.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
La presse iranienne présente l'interview comme la preuve que Washington est peu fiable, changeant constamment ses exigences et rendant les négociations laborieuses. La situation est décrite comme extrêmement instable et dangereuse, l'Iran se disant prêt à riposter à toute attaque et réclamant le déblocage des avoirs gelés. La position contradictoire des États-Unis constitue le principal obstacle, et non l'intransigeance iranienne.
La couverture latino-américaine se contente de rapporter les propos du porte-parole iranien, soulignant que les contradictions américaines constituent le principal obstacle aux négociations. Elle mentionne le canal de médiation pakistanais et les points de désaccord persistants, sur un ton détaché et neutre.
La presse du Golfe arabe rapporte de manière impartiale la plainte iranienne concernant le manque de stabilité de l'administration américaine et les échanges de messages via le Pakistan. Le récit est sec et factuel, sans prise de position.
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