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dimanche 7 juin 2026 · Édition de 20:00 CET

Les périls de la reconstruction syrienne : ingérences, illusions et déni de citoyenneté

Alors que le sud syrien devient un refuge pour les trafiquants de captagon grâce aux manœuvres israéliennes, les élites locales caressent le rêve d’un État sans impôts, révélant l’ampleur du délitement citoyen.

Économie5 sources4 langues3 min de lectureMàj 21:47

L’intervention israélienne dans le sud de la Syrie, consécutive à la chute du régime Assad, a produit un effet aussi paradoxal que déstabilisateur. Selon des analyses relayées par la presse libanaise, qui citent les travaux d’un historien français spécialiste du Moyen-Orient, la politique de Tel-Aviv visant à affaiblir durablement l’État syrien en encourageant les velléités séparatistes a ouvert un espace de non-droit où prospèrent les réseaux de captagon. Loin de renforcer la sécurité régionale, ces manœuvres offrent un terreau fertile aux trafics transfrontaliers, au moment même où Damas et Amman tentent, non sans difficultés, de stabiliser la zone.

Ce jeu régional toxique s’inscrit dans un contexte syrien déjà profondément déstructuré par un demi-siècle de pouvoir autoritaire. Des intellectuels arabes rappellent que l’héritage du parti Baas ne se limite pas à des institutions en ruine ou à une économie exsangue : c’est le lien même entre l’individu et la collectivité qui a été méthodiquement érodé. L’idée que la disparition du despote suffirait à ressusciter les solidarités d’antan relève de la mystification. Les communautés locales, qu’elles soient régionales, ethniques ou confessionnelles, portent les stigmates d’une gouvernance par la peur et la corruption, qui a rendu la citoyenneté largement fictive.

Dans ce vide, des chimères économiques fleurissent. Des milieux commerçants de Damas, rapporte-t-on, défendent une « théorie du zéro impôt » : la Syrie, riche en ressources souterraines, pourrait financer sa reconstruction sans jamais ponctionner ses citoyens. Un tel discours, qui séduit jusqu’à certains journalistes économiques, trahit une conception rentière de l’État héritée de l’ancien régime, où la manne pétrolière annihilait toute nécessité de contrat social. Il ignore surtout que la citoyenneté moderne se fonde précisément sur un pacte fiscal : des impôts en échange de services publics et de droits.

Ce débat résonne bien au-delà du Proche-Orient. Un quotidien italien plaidait récemment pour une réconciliation fiscale dans la péninsule, arguant que la confiance entre l’État collecteur et le citoyen contribuable est le socle d’une croissance saine. Là où, en Italie, on débat de la taxation des patrimoines pour rétablir une justice sociale, en Syrie, c’est l’idée même de contribution publique qui semble un tabou. Ce grand écart illustre le chemin immense qu’il reste à parcourir pour rebâtir une citoyenneté inclusive dans un pays fracturé.

La reconstruction de la Syrie ne se jouera donc pas seulement sur le terrain sécuritaire ou dans les calculs géopolitiques des puissances régionales. Elle exigera une refondation du lien politique, capable de dépasser à la fois les ingérences étrangères, les héritages autoritaires et les mirages d’une prospérité sans contrepartie. Un défi qui interpelle aussi les partenaires européens, dont l’aide devra s’accompagner d’une exigence de gouvernance démocratique et de justice fiscale.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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Stampa arabo levante-Maghreballarmeindignazione

L’interventionnisme militaire et politique israélien dans le sud de la Syrie a engendré un vide sécuritaire qui protège les réseaux du captagon. Pendant que Damas et Amman s’efforcent de stabiliser la région, le soutien israélien à des velléités séparatistes dans le gouvernorat d’al‑Suwayda attise le chaos et offre un refuge aux narcotrafiquants.

Stampa europea continentale/ mediterraneaironiascetticismo

L’interventionnisme israélien dans le sud syrien aboutit à protéger le dernier bastion des narcotrafiquants, obligeant la Jordanie à mener des frappes pour endiguer le flux de captagon. Une convergence paradoxale se dessine entre sécurité proclamée et déstabilisation réelle, dans laquelle les narcos prospèrent.

Cette actualité est parue dans

5 sources · 4 langues · fenêtre 24 h

La Stampa7 juin, 13:31
IRNA (Islamic Republic News Agency)7 juin, 09:27
Le Monde7 juin, 09:23
An-Nahar7 juin, 19:04
Al-Modon7 juin, 12:22