T-MEC : Le Mexique et le Canada veulent prolonger de 16 ans, Washington impose ses conditions
Les deux pays ont formellement demandé une extension de l'accord commercial nord-américain, alors que les États-Unis négocient en ordre dispersé et relancent la rhétorique d'annexion.

Le mardi 1er juin, le Mexique et le Canada ont officiellement fait part à Washington de leur volonté de prolonger de seize ans le Traité entre le Mexique, les États-Unis et le Canada (T-MEC), à un mois de la date butoir du 1er juillet pour la première révision conjointe prévue par l'accord. Le secrétaire mexicain à l'Économie, Marcelo Ebrard, a adressé une lettre en ce sens à ses homologues, tandis que le ministre canadien des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a transmis ses propres recommandations. Cette convergence de vues entre les deux partenaires nord-américains intervient dans un climat de fortes tensions commerciales, Washington ayant relancé son projet d'annexion du Canada, qualifié de « 51e État » par Donald Trump sur son réseau Truth Social.
Pourtant, la route vers une renégociation apaisée semble semée d'embûches. Les États-Unis ont entamé des discussions bilatérales avec le Mexique, laissant le Canada sur la touche lors du premier cycle achevé le 30 mai. Mexico a aussitôt plaidé pour une intégration rapide d'Ottawa, conditionnant la rencontre trilatérale du 1er juillet aux résultats des pourparlers entre les deux pays. Dans ce cadre, M. LeBlanc devait rencontrer le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, le jour même où le Canada rendait publique sa proposition de discuter parallèlement des tarifs sectoriels avant toute négociation plus large. L'impératif de contentieux spécifiques, tels les règles d'origine automobile, cristallise les divergences : la Maison-Blanche exige désormais qu'au moins 50 % des composants d'un véhicule assemblé dans la zone de libre-échange proviennent des États-Unis, un seuil que le Canada dit déjà atteindre en moyenne, mais que beaucoup d'usines mexicaines ne respectent pas.
Cette exigence illustre le changement de paradigme dénoncé par le gouvernement mexicain. Selon le secrétaire Ebrard, le modèle de libre-échange qui avait présidé à la création de l'ALENA, puis du T-MEC, a vécu. L'administration Trump privilégie une logique de rapports de force et de souveraineté industrielle, poussant Mexico à réviser sa stratégie pour préserver la compétitivité du pays face à un protectionnisme américain assumé. La rhétorique annexionniste à l'égard du Canada, en pleine récession technique selon la banque centrale, ajoute une dimension politique inédite aux tractations commerciales.
En filigrane, ces développements questionnent l'avenir de l'intégration économique nord-américaine. Alors que le Canada et le Mexique cherchent à garantir la stabilité par une prolongation de l'accord, les États-Unis multiplient les préalables et les pressions unilatérales. Pour les observateurs francophones, au Canada comme en Europe, ce bras de fer révèle la fragilité des chaînes d'approvisionnement intégrées et pourrait préfigurer un redécoupage des alliances commerciales à l'échelle du continent. La suite des négociations, prévue à Washington les 16 et 17 juin, donnera une première indication sur la capacité des trois pays à dépasser leurs divergences sans sacrifier un cadre trilatéral devenu essentiel à leurs économies.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Le Mexique et le Canada réclament une prolongation de 16 ans de l'ACEUM, en mettant en avant les bénéfices partagés et la nécessité d'un consensus trilatéral. Mexico insiste pour qu'Ottawa soit rapidement intégré aux négociations, tandis que des analystes alertent sur la forte dépendance commerciale à l'égard des États-Unis et sur la sauvegarde de la souveraineté économique.
Alors qu'un ministre canadien se rend à Washington pour des discussions commerciales, Trump relance son idée de faire du Canada le 51e État, une proposition relayée par l'ambassadeur américain à Ottawa. La rhétorique belliqueuse éclipse les pourparlers, pendant que le Canada connaît une récession technique et un affrontement politique intérieur sur sa stratégie économique.
Cette actualité est parue dans
14 sources · 1 langues · fenêtre 24 h