Records boursiers mondiaux : l’IA et l’espoir d’un accord avec l’Iran propulsent les marchés
Le Nasdaq franchit les 30 000 points, porté par les fabricants de puces et les signaux diplomatiques. Les places asiatiques suivent, tandis que le pétrole reflue légèrement.

Pour la première fois de son histoire, l’indice Nasdaq 100 a franchi la barre des 30 000 points, entraînant dans son sillage le S&P 500 vers un nouveau sommet. Le catalyseur immédiat de cette poussée est à chercher du côté des fabricants de semi-conducteurs, Micron Technology en tête, dont la capitalisation a dépassé les 1 000 milliards de dollars après une envolée de près de 20 % en une seule séance. À Séoul, le sud-coréen SK Hynix a lui aussi franchi ce seuil symbolique, illustrant la frénésie mondiale autour de l’intelligence artificielle. Pourtant, cette euphorie technologique ne saurait masquer un autre ressort, moins visible : l’espoir grandissant d’un accord de paix entre Washington et Téhéran. Les propos du secrétaire d’État américain Marco Rubio, évoquant un possible règlement en « quelques jours », ont suffi à reléguer au second plan la poursuite des frappes militaires dans le Golfe.
Les places asiatiques ont immédiatement répercuté cette double impulsion. L’indice MSCI Asie-Pacifique a grimpé de 1,1 % pour atteindre un record, tiré par une envolée de 5 % de la Bourse de Séoul, véritable baromètre des investissements dans l’IA. Au Japon, les actions ont également touché des plus hauts historiques. Le reflux du baril de Brent autour de 99 dollars, conséquence directe des espoirs de désescalade au Moyen-Orient, a soulagé les économies importatrices de la région. La devise néo-zélandaise, quant à elle, s’est appréciée après le statu quo de sa banque centrale, signalant que les politiques monétaires demeurent un facteur de différenciation majeur dans ce climat d’incertitude géopolitique.
Du côté des observateurs européens, on relève le caractère ambivalent de cette séquence. Les marchés obligataires ont vu les rendements du Trésor américain se détendre, pendant que les investisseurs réduisaient leurs paris sur de nouvelles hausses des taux. Cette accalmie sur le front de l’inflation, couplée à la vigueur des valeurs technologiques, rappelle l’euphorie de la fin des années 1990, prévient un gestionnaire d’actifs cité par la presse financière, tout en estimant que les leçons de l’éclatement de la bulle internet pourraient cette fois éviter les excès les plus dangereux.
La suite dépendra largement de la solidité du cessez-le-feu iranien, que Téhéran accuse déjà Washington d’avoir violé. Les introductions en Bourse de sociétés d’IA encore privées, comme SpaceX, pourraient entretenir la dynamique haussière, mais l’ombre d’un choc pétrolier reste suspendue aux déclarations des diplomates. En articulant le sort des marchés à celui d’une guerre lointaine, cette séquence boursière rappelle combien la finance mondialisée est devenue prisonnière de deux paris jumeaux : l’innovation technologique comme horizon indépassable et la paix comme variable résiduelle.
Cette actualité est parue dans
7 sources · 5 langues · fenêtre 24 h