Quand l’IA assoiffe la planète : l’ONU alarme sur une consommation d’eau et d’énergie exponentielle
Les infrastructures nécessaires aux IA génératives pourraient, d’ici 2030, engloutir autant d’eau que 1,3 milliard d’humains, tandis que les investissements s’emballent et que les communautés résistent.

Un rapport conjoint de l’Institut pour l’eau, l’environnement et la santé de l’Université des Nations unies (UNU-INWEH) tire la sonnette d’alarme : d’ici 2030, la consommation d’électricité des centres de données devrait doubler, et leur besoin en eau pour le refroidissement atteindra l’équivalent de la demande domestique de 1,3 milliard de personnes. Derrière chaque requête sur ChatGPT se cache une infrastructure tentaculaire, dont l’empreinte écologique demeure largement sous-estimée par le grand public, soulignent des médias latino-américains et européens. Les chiffres sont vertigineux : en 2025, les dépenses combinées des géants du numérique pourraient dépasser 700 milliards de dollars, rappelle la presse économique internationale, tandis que l’entraînement d’un seul modèle comme GPT-4 aurait déjà consommé plus d’eau que la consommation annuelle de 81 000 Africains, selon des analyses reprises par la Frankfurter Allgemeine Zeitung.
Face à cette accélération, les investissements s’emballent. Alphabet, maison mère de Google, a levé la somme record de 84,75 milliards de dollars par émission d’actions, un montant qui pourrait atteindre 85 milliards avec l’entrée de Berkshire Hathaway, rapporte la presse américaine et italienne. Microsoft, quant à elle, concentre ses efforts sur la rivalité avec Anthropic dans le domaine de l’IA d’entreprise, comme l’a indiqué son directeur de l’IA, alors que Google promet de « rendre à l’eau plus qu’il n’en consomme » dans ses centres américains d’ici 2030. Mais ces promesses se heurtent à une opposition locale grandissante : en effet, des communautés américaines imposent des moratoires sur la construction de nouveaux centres, mécontentes de la pression sur les ressources et les réseaux électriques, explique la presse italienne.
La course à l’IA se double d’une dimension géopolitique. Anthropic a accordé un accès restreint à son modèle avancé Mythos, conçu pour la cybersécurité, à 150 organisations dans 15 pays alliés, dont l’Australie et l’Inde, mais la Chine en est ostensiblement absente, notent des médias indiens et australiens. Pendant ce temps, les pays du Sud global, malgré un lourd fardeau environnemental, pourraient aussi bénéficier de l’IA pour renforcer leurs systèmes de santé, rappelle le rapport onusien. Le Nigeria illustre une autre tendance : la croissance des centres de données y est portée par une démographie jeune et connectée, avec une population appelée à dépasser 400 millions d’habitants d’ici 2050, analyse un média économique du Moyen-Orient.
Dans le même temps, les usages sociétaux de l’IA prolifèrent sans garde-fous. Près de la moitié des étudiants de langue anglaise utilisent déjà l’IA pour leurs devoirs, révèle une étude relayée en Argentine, tandis qu’à Taïwan, un événement de Google Cloud alertait sur l’épuisement des salariés contraints de jongler entre trop d’outils non intégrés. Même la santé mentale n’échappe pas au phénomène, avec une hausse de 30 % du recours aux chatbots de soutien émotionnel depuis 2021, selon l’OMS, ce qui suscite l’inquiétude de spécialistes brésiliens quant aux limites d’une machine dépourvue de jugement clinique.
L’ampleur du défi exige une réponse politique globale. Si certaines critiques relayées par la presse allemande jugent le rapport onusien incomplet, il a le mérite de combler un vide dans les politiques environnementales relatives à l’IA. L’enjeu ne se réduit pas à la technique : il interroge notre capacité à articuler innovation et limites planétaires, entre promesses d’un progrès partagé et risques d’accaparement des ressources par une minorité. Transformer l’IA en levier de développement durable, comme le suggèrent les Nations unies, suppose de dépasser les rivalités commerciales pour instaurer une gouvernance mondiale transparente et inclusive.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Un nouveau rapport des Nations Unies tire la sonnette d'alarme : l'expansion de l'intelligence artificielle pourrait doubler la consommation d'eau et d'électricité d'ici 2030, soit l'équivalent des besoins domestiques de base de 1,3 milliard de personnes. Parallèlement, Google dévoile un plan pour restituer plus d'eau que ses centres de données n'en prélèvent, tentant ainsi de compenser l'empreinte environnementale.
La maison mère de Google lève 80 milliards de dollars pour financer ses ambitions en IA, avec un chèque de 10 milliards de Berkshire Hathaway. Un banquier indien influent appelle les entreprises nationales à se réveiller, comparant le moment à la fin de la saison de cricket : il faut désormais investir de manière agressive pour saisir les opportunités de l'IA.
Les agences gouvernementales australiennes adoptent rapidement l'intelligence artificielle, le nombre d'entités l'utilisant passant de 36 à 56 en un an. Le débat porte sur la recherche d'un équilibre entre adoption technologique et responsabilité, avec une surveillance humaine et des normes de gouvernance solides.
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