Quand Gucci s’invite en Formule 1 : le luxe italien au chevet d’Alpine
À partir de 2027, la maison italienne deviendra le sponsor-titre de l’écurie française, une première pour une marque de luxe dans l’histoire de la F1. Un pari orchestré par Luca de Meo, PDG de Kering et ancien patron de Renault.

L’annonce a secoué le paddock comme une bourrasque de soie. Pour la première fois, une maison de mode de luxe devient le sponsor-titre d’une écurie de Formule 1 : Gucci s’arrimera à Alpine dès la saison 2027, rebaptisant l’équipe « Gucci Racing Alpine Formula One Team » et imposant ses célèbres bandes vert et rouge sur la livrée bleue des monoplaces. Cette alliance, scellée lors d’une présentation où figuraient les pilotes Pierre Gasly et Franco Colapinto aux côtés de Flavio Briatore, consacre la convergence entre l’univers du sport automobile et celui du luxe, sous l’impulsion d’un homme au parcours emblématique : Luca de Meo, passé en septembre 2025 du volant de Renault à la tête de Kering, bouclant ainsi une boucle stratégique qui fait de la piste un écrin pour l’élégance.
Ce mariage n’est pourtant pas sans précédents historiques. La presse brésilienne rappelle que la symbiose entre mode et Formule 1 remonte à 1968, quand la libéralisation de la publicité a ouvert la voie aux sponsors, et à des collaborations marquantes comme celle de Benetton, qui posséda sa propre écurie. Mais pour les analystes italiens, le saut qualitatif est inédit : là où les griffes se cantonnaient à des logos secondaires ou à des collections capsules, Gucci s’empare du nom même de l’équipe, instaurant une plateforme inédite baptisée « Gucci Racing », conçue pour mêler performance, discipline et expériences exclusives. L’écho de cette stratégie se mesure aussi à l’aune de l’impact sportif qu’avait eu, en son temps, l’image de Pelé attachant ses crampons Puma en pleine Coupe du monde 1970.
Du côté français, l’opération est perçue comme un coup de génie industriel. Selon les commentateurs économiques de l’Hexagone, Alpine, engluée dans le ventre mou du championnat, trouve là un relais de notoriété mondial, quand Gucci bénéficie de « vingt-quatre rendez-vous par an pour rayonner dans le monde », pour reprendre les propos de son directeur général, cités par la presse francilienne. En Argentine, l’attention se focalise sur Franco Colapinto, jeune pilote devenu figure de proue de l’annonce et incarnation de la volonté d’Alpine de conquérir les marchés sud-américains. La presse économique espagnole souligne quant à elle le moment charnière que traverse l’écurie, en quête d’un second souffle commercial et sportif, tandis que les médias transalpins insistent sur l’ironie du destin : c’est Luca de Meo, l’ancien artisan du retour d’Alpine en F1, qui signe aujourd’hui ce rapprochement en tant que patron du luxe.
À plus long terme, cette alliance pourrait redessiner les contours du sponsoring sportif. Pour Kering, affaibli par le ralentissement du secteur du luxe, la Formule 1 offre une caisse de résonance planétaire à l’heure où son audience se diversifie et se rajeunit. Mais le défi consiste à transformer cette visibilité en un récit de marque cohérent, sans diluer l’ADN sportif d’Alpine ni galvauder l’exclusivité de Gucci. Certains observateurs italiens avertissent que la convergence du luxe et du sport, aussi prometteuse soit-elle, n’aura de sens que si elle s’accompagne de résultats sur la piste. De Melbourne à São Paulo, les vingt-quatre grands prix de 2027 seront autant de tests pour cette union au sommet, scrutée par l’ensemble de l’industrie.
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