Numérique éducatif : face aux dérives, un réexamen mondial s’impose
De la remise en question américaine des subventions pour l’Internet scolaire aux controverses indiennes sur l’évaluation en ligne, les écrans à l’école suscitent un vaste débat, entre inclusion et risques pour la santé.

Aux États-Unis, la Commission fédérale des communications (FCC) a lancé un examen approfondi du programme E-Rate, qui alloue chaque année près de trois milliards de dollars pour connecter les écoles à Internet. Face à l’explosion du temps passé devant les écrans depuis la pandémie, le président de la FCC, Brendan Carr, s’inquiète d’un recul des performances scolaires et cite un avis du ministère de la Santé. Ce geste marque un possible tournant dans la politique numérique éducative américaine.
En Asie du Sud, d’autres urgences se font jour. Au Bangladesh, une étude a révélé que plus de dix mille établissements ne disposent d’aucun terrain de jeux, poussant les enfants vers une addiction au téléphone portable qui menace leur santé physique et mentale. En Inde, le système d’évaluation dématérialisé du CBSE (Conseil central de l’enseignement secondaire) est sous le feu des critiques : après la publication de résultats entachés d’erreurs, le portail de réévaluation a subi une cyberattaque par déni de service de 3,8 millions de paquets, tout en enregistrant plus de 56 000 demandes de vérification. Un nouveau président, Prashant Lokhande, a été nommé, mais la confiance est ébranlée.
Pourtant, les écrans sont aussi des outils indispensables pour certains élèves. En Californie, Soraya Martin, une collégienne dyslexique, témoigne : les technologies d’assistance lui ont permis de dicter ses rédactions et d’écouter des livres, transformant son parcours scolaire. Une interdiction brutale priverait ces jeunes d’aménagements essentiels et creuserait les inégalités.
Hors du numérique, la question du bien-être à l’école se pose avec une acuité particulière en Suède, où la tradition des « assiettes de la classe » — des écriteaux humoristiques accrochés au cou des élèves lors des remises de diplôme — dérive souvent vers le harcèlement, rappelant que la pression sociale s’exerce sous de multiples formes.
Ainsi, de Washington à Dacca, en passant par New Delhi et Stockholm, les sociétés sont confrontées à un même défi : intégrer le numérique sans sacrifier la santé, la sécurité et la dignité des élèves. La voie à suivre exigera une régulation fine, attentive à la fois aux vulnérabilités et aux potentialités de ces outils désormais omniprésents.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
L'autorité fédérale des communications examine en profondeur son programme de subvention Internet scolaire de 3 milliards de dollars, alertant sur la dégradation des résultats scolaires due au temps d'écran excessif. En parallèle, on rappelle qu'une interdiction totale pénaliserait les élèves en situation de handicap, pour qui ces écrans sont vitaux. L'heure est à la recherche d'un équilibre fragile entre réduction et inclusion numérique.
Le système d'évaluation numérique des examens en Inde est sous le feu des critiques : des élèves signalent de graves erreurs de notation et le portail de révision a subi une cyberattaque massive. Alors que des milliers de candidats demandent une relecture, une autre alerte retentit : la disparition des aires de jeu pousse les enfants vers le smartphone, menaçant leur santé physique et mentale. La double crise du numérique éducatif indien conjugue fragilité technique et dépendance croissante aux écrans.
En Suède, une vague d'indignation dénonce la tradition des « assiettes de classe » : chaque élève se voit affublé d'une assiette en carton portant un surnom souvent humiliant lors de la remise des diplômes. Cette pratique est dénoncée comme une forme de harcèlement pur et simple, qui transforme un rituel de passage en exercice de mépris social. L'appel est lancé pour interdire sans délai cette coutume et rendre sa dignité à la cérémonie.
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