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mercredi 27 mai 2026 · Édition de 10:00 CET

Hongkong détrône la Suisse comme premier centre financier offshore mondial

La place financière asiatique a dépassé la Confédération helvétique en volume d’actifs transfrontaliers gérés, selon une étude du Boston Consulting Group. Une bascule qui reflète la montée en puissance de la richesse chinoise et la recomposition géopolitique des flux de capitaux.

Finance6 sources4 langues3 min de lectureMàj 14:07

Un petit séisme secoue le monde feutré de la gestion de fortune. Pour la première fois, Hongkong a dépassé la Suisse en tant que première place mondiale pour les avoirs transfrontaliers, avec 2 950 milliards de dollars sous gestion contre 2 940 milliards, selon le rapport annuel du Boston Consulting Group. La différence se chiffre à une dizaine de milliards, mais la portée symbolique est immense : elle clôt plusieurs siècles de domination helvétique et consacre la métropole asiatique comme le nouveau carrefour mondial de la richesse offshore.

La presse zurichoise relativise ce décrochage en soulignant que la Suisse demeure un refuge privilégié pour les capitaux fuyant les crises du Moyen-Orient, et que ses banques conservent une clientèle bien plus diversifiée géographiquement que celle de leur rivale. Mais la dynamique est ailleurs. Selon la presse économique russe reprenant les données de Reuters, Hongkong doit son ascension à l’afflux massif de fonds en provenance de Chine continentale – près de 60 % du total, d’après les analyses relayées à Taïwan –, dopé par le retour en force des introductions en Bourse et par l’émergence d’une nouvelle classe de milliardaires dans les industries d’avenir comme le véhicule électrique. Là où la Suisse incarne la stabilité dans un monde instable, Hongkong capture l’expansion vertigineuse de la richesse asiatique.

Cette bascule n’est pas qu’une question comptable. Du côté russophone, on insiste sur une tendance lourde : les places asiatiques, Singapour en tête aux côtés de Hongkong, devraient croître au rythme de 9 % par an jusqu’en 2030, contre 6 % pour la Suisse. L’écart entre les deux premiers centres offshore pourrait ainsi se creuser à près de 600 milliards de dollars d’ici la fin de la décennie. La presse francophone, à Genève comme à Paris, pointe un contexte mondial paradoxal : malgré les guerres commerciales et les tensions géopolitiques, la richesse financière planétaire a progressé de 10,7 % l’an dernier, portée par des marchés actions en hausse de 13,2 % et un or qui s’est envolé de 44 %.

Ce qui se joue dans ce transfert de couronne, c’est une reconfiguration plus vaste de la géographie de la confiance. Les grandes fortunes, qu’elles soient chinoises, moyen-orientales ou européennes, pratiquent désormais une diversification systématique entre plusieurs havres – Suisse, Hongkong, Singapour –, mus par une « survie » fiscale et politique que les analystes asiatiques qualifient de réflexe face aux incertitudes planétaires. La Suisse conserve une expertise et une réputation inégalées, mais elle est désormais insérée dans un jeu multipolaire où la croissance démographique et économique de l’Asie redessine les cartes de la finance mondiale. Le leadership helvétique ne s’évanouit pas ; il se relativise, à mesure que l’offshore devient un marché mondialisé où aucun refuge n’est plus unique.

Cette actualité est parue dans

6 sources · 4 langues · fenêtre 24 h

Vedomosti27 mai, 10:22
Le Temps27 mai, 02:14
Storm Media27 mai, 10:22
Financial Times27 mai, 08:15
Tages-Anzeiger27 mai, 10:36
Neue Zürcher Zeitung (NZZ)27 mai, 06:15