Face aux pressions extérieures, Pékin et Brasília consolident leur axe stratégique
Lors du 5e dialogue stratégique à Pékin, Wang Yi a appelé à « faire face conjointement aux défis externes », tandis que Mauro Vieira plaidait pour un accès élargi au marché chinois et des livraisons stables d’engrais.

Le cinquième dialogue stratégique sino-brésilien, tenu ce lundi à Pékin, a donné le ton d’une coopération résolument tournée vers la défense de la souveraineté commune. Selon un communiqué publié par le ministère chinois des Affaires étrangères, le ministre Wang Yi a exhorté les deux pays à « faire face conjointement aux défis externes », une formule lourde de sens alors que les pressions américaines s’intensifient sur Brasília pour freiner ses liens avec Pékin. Son homologue brésilien, Mauro Vieira, a pour sa part qualifié le partenariat de « plus pertinent que jamais dans les turbulences internationales actuelles ».
Sur le plan économique, la relation bilatérale s’articule autour d’une complémentarité éprouvée. La Chine est le premier partenaire commercial du Brésil depuis 2009, absorbant 27 % des exportations brésiliennes – soja, viande bovine, minerai de fer. En retour, Brasília sollicite un accès élargi pour ses produits et, surtout, la garantie d’un approvisionnement stable en engrais chinois, dans un contexte de perturbations liées aux tensions entre Washington et Téhéran. Selon des sources officielles brésiliennes, Vieira a plaidé cette cause auprès du ministre du Commerce chinois, Wang Wentao, ainsi que du vice-président Han Zheng.
Au-delà du commerce, le rapprochement sino-brésilien s’inscrit dans une ambition géopolitique commune. Membres clés des Brics, les deux pays poussent à la création d’un ordre mondial multipolaire, contrepoids à l’hégémonie des institutions financières et politiques dominées par les États-Unis. La presse arabe souligne que Pékin et Brasília coordonnent même leurs efforts diplomatiques sur le conflit ukrainien, tandis que les médias iraniens voient dans ce dialogue une fin de non-recevoir à la politique de pression américaine. Au même moment, le président Lula a dénoncé la décision de Washington de classifier deux gangs brésiliens de narcotrafiquants comme organisations terroristes, y voyant une ingérence intempestive.
En marge de ces hautes discussions stratégiques, le gouvernement brésilien explore de nouveaux champs de coopération. Un guide d’investissement traduit en mandarin vise à attirer les capitaux chinois dans le tourisme, avec des projets estimés à 4,5 milliards de dollars, dont le complexe du Polo Turístico Cabo Branco. L’hôtellerie, les parcs, les croisières et les expériences en pleine nature figurent parmi les secteurs ciblés, signe d’une volonté de sortir la relation bilatérale des seules matières premières.
Si l’axe Pékin-Brasília ne constitue pas une alliance formelle, il s’affirme comme un pilier des solidarités sud-sud face aux vents contraires. Reste à savoir jusqu’où cette coopération pourra s’approfondir sans provoquer de riposte des États-Unis, qui voient d’un mauvais œil l’émergence d’un bloc alternatif dans leur arrière-cour. Pour l’heure, les déclarations communes et la multiplication des projets concrets indiquent que les deux capitales entendent bien transformer leur convergence conjoncturelle en un partenariat durable.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Le Brésil et la Chine se sont engagés à approfondir leur coopération commerciale et à faire face ensemble aux défis extérieurs. Brasilia cherche à élargir l'accès pour ses produits agricoles et à attirer les investissements chinois dans le tourisme, tandis que Pékin offre un approvisionnement stable en engrais.
La presse arabe met en avant le renforcement de l'axe sino-brésilien face aux pressions américaines et la volonté de réformer la gouvernance mondiale. Les deux membres des BRICS défendent les droits des pays en développement et refusent toute tentative d'isolement de Pékin.
Les médias d'État chinois insistent sur l'appel de Pékin à repousser ensemble les défis extérieurs et à préserver la stabilité mondiale. Ils soulignent la demande brésilienne d'engrais dans le contexte du conflit États-Unis-Iran et présentent la Chine comme garante de la sécurité économique.
La presse iranienne exulte devant ce qu'elle qualifie de fin de non-recevoir chinoise face aux pressions de Trump et perçoit l'entente sino-brésilienne comme la preuve de l'émergence d'un ordre multipolaire. L'événement est dépeint comme une victoire contre l'hégémonie américaine et un pas vers le recul de l'influence de Washington.
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