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jeudi 4 juin 2026 · Édition de 06:00 CET

Enfants et écrans : la déferlante mondiale des restrictions

De la Suède à l’Argentine, les limitations d’accès aux smartphones et aux réseaux sociaux se multiplient. Mais la voix des enfants reste absente du débat.

Droit7 sources4 langues2 min de lectureMàj 07:51

De Stockholm à Córdoba, en passant par Bogotá, un mouvement global se dessine pour limiter l’accès des enfants et adolescents aux smartphones et aux réseaux sociaux. Interdiction des téléphones à l’école, fixation d’un âge minimum pour utiliser les plateformes, restriction du contenu accessible : les pouvoirs publics, les établissements scolaires et les entreprises technologiques multiplient les mesures, invoquant la protection de la santé mentale, de la sécurité et de la concentration des élèves.

En Suède, le débat est vif. La presse rapporte que ces restrictions sont souvent justifiées par des arguments médicaux, portés par des responsables politiques et des réseaux de parents. Pourtant, la chercheuse en sciences des médias Helena Sandberg dénonce une tendance qui « va trop vite et trop loin », et critique l’absence de consultation des premiers concernés : les enfants eux-mêmes. Dans le Dagens Nyheter, le chroniqueur Linus Larsson souligne une autre incohérence : une limite d’âge légale n’empêchera pas un enfant de trois ans de rester collé à YouTube, tout en interdisant d’autres usages plus constructifs.

Ces régulations ne sont pas l’apanage de l’Europe du Nord. En Amérique latine, l’Union des écoles internationales de Bogotá (UNCOLI) a publié un guide fondé sur des preuves scientifiques pour aider les parents à déterminer l’âge approprié pour offrir un téléphone. À Córdoba, en Argentine, le conseil municipal a approuvé un projet visant à interdire les téléphones dans les écoles publiques de la ville, avec le soutien de pédiatres qui pointent l’affaiblissement de l’autorité parentale et les mutations familiales. Du côté des entreprises, Meta a étendu à l’ensemble du globe son mode « 13+ », qui filtre le contenu pour les adolescents sur Instagram et Facebook – y compris dans des pays comme la Russie, où la maison mère est pourtant interdite pour « extrémisme ».

Cette convergence transnationale révèle une tension profonde entre la volonté de protéger les mineurs et le risque de nier leurs droits numériques. L’obsession sécuritaire, souvent légitime, peut occulter la nécessité de les former à un usage critique des outils numériques et de prendre en compte leur propre expérience. La diversité des contextes culturels et juridiques – entre les recommandations souples des associations d’écoles privées en Colombie et les interdictions légales en Scandinavie – montre que le chemin vers une régulation équilibrée est encore long. Sans écouter les jeunes, ces politiques pourraient bien manquer leur cible.

Cette actualité est parue dans

7 sources · 4 langues · fenêtre 24 h

Helsingborgs Dagblad3 juin, 17:58
Sydsvenskan3 juin, 17:59
El Espectador4 juin, 03:29
Valor Econômico4 juin, 03:26
Dagens Nyheter3 juin, 21:25
Perfil3 juin, 22:25
Kommersant3 juin, 17:59