Apple retire le messager russe Max, symbole de la souveraineté numérique menacée
La suppression du « super-app » du Kremlin de l’App Store, sans explication, prive plus de 20 millions d’utilisateurs de notifications. Un revers pour les ambitions de Moscou en matière de contrôle d’internet.

Le 3 juin au soir, le messager d’État russe Max a été retiré de l’App Store d’Apple, privant ses utilisateurs d’iPhone et d’iPad des notifications instantanées (push) pour les messages et les appels [A1, A9, A11]. La société californienne n’a fourni aucune justification, suscitant une réaction officielle rapide : le ministre russe du Numérique, Maksout Chadaïev, a dénoncé une décision « sans explication » qui « restreint immédiatement l’accès à plus de 20 millions d’utilisateurs » à un service présenté comme une pierre angulaire de la souveraineté numérique russe [A3, A5, A8]. Selon des chiffres officiels, l’application revendique une audience quotidienne de plus de 60 millions de personnes, dont environ un quart utilisent des appareils iOS [A5].
Lancé au printemps 2025 pour remplacer WhatsApp et Telegram, Max est promu comme une plateforme sécurisée, mais elle est dépourvue de chiffrement de bout en bout – une faille que les critiques, y compris les médias russes indépendants et les observateurs occidentaux, considèrent comme un outil de surveillance de masse [A1, A4, A9]. Dans la presse russe d’opposition, on souligne l’ironie d’un messager imposé aux fonctionnaires, aux écoles et aux entreprises d’État, alors que Moscou a parallèlement limité l’usage des applications concurrentes étrangères [A9, A11]. D’ailleurs, le Kremlin a rendu la préinstallation de Max obligatoire sur tous les appareils électroniques vendus en Russie [A9].
Cette dépendance à l’égard d’une infrastructure étrangère révèle les contradictions du projet de « Runet souverain ». La presse russe indépendante, comme Meduza et Novaïa Gazeta, a rapporté les perturbations subies par les utilisateurs, invités à « ouvrir l’application manuellement de temps en temps » pour ne pas manquer de messages [A11, A13]. Pendant ce temps, les médias internationaux, du Nigeria à l’Italie, mettent en avant le risque de pistage et rappellent que Google a également supprimé des applications russes par le passé [A1, A7]. Le ministre Chadaïev, toutefois, se veut rassurant : « Nous allons résoudre ce problème », a-t-il promis lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, sans préciser de solution technique [A8].
L’avenir de Max ne semble pourtant pas compromis à court terme. L’application continue de fonctionner sur Android, et ses développeurs préparent de nouvelles fonctionnalités, comme les paiements sans contact via le système de paiement rapide (SBP) et la diffusion en direct pour les chaînes comptant plus de 10 000 abonnés [A2, A10]. Ces annonces, faites lors du même forum économique, indiquent que Moscou mise sur l’extension des services pour fidéliser les utilisateurs, malgré le camouflage d’une vulnérabilité stratégique : la mainmise in fine des grandes plateformes américaines sur l’écosystème mobile mondial. L’épisode souligne la fragilité des ambitions numériques des États qui, en prétendant s’émanciper d’un « internet global », n’en restent pas moins enchâssés dans des rapports de force technologiques et géopolitiques qu’ils ne maîtrisent pas.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Apple a retiré sans explication le messager national Max de l'App Store, privant plus de 20 millions d'utilisateurs d'iPhone de son accès. Le ministère du Développement numérique a dénoncé une décision arbitraire et promis de la résoudre, tandis que les développeurs préviennent que les messages arriveront mais sans notifications push.
Apple a retiré de l'App Store Max, la super‑app russe sans chiffrement soutenue par le Kremlin, que Moscou avait rendue obligatoire pour les fonctionnaires, les entreprises publiques et les écoles. Cette décision stoppe la tentative d'imposer une application que les critiques considèrent comme un outil de surveillance de masse.
Apple a supprimé de sa boutique l'une des plus grandes applications de messagerie au monde, MAX, qui dépassait les 100 millions d'utilisateurs enregistrés et concurrençait WhatsApp et Telegram. La décision, confirmée par les développeurs, a un fort impact sur une plateforme qui avait atteint des chiffres de téléchargement records au niveau mondial.
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