Du Mexique au Brésil, les saisies d’aéronefs révèlent l’ampleur du narcotrafic aérien
Les forces de sécurité mexicaines et brésiliennes ont saisi des avions chargés de cocaïne, démantelé des hangars clandestins et arrêté des suspects, illustrant la pression internationale sur les cartels.

Les forces de l’ordre mexicaines, appuyées par le renseignement américain, ont intercepté le 5 juin dernier un Cessna 206 chargé de 24 kilos de cocaïne, d’armes et de munitions dans la vallée de Mexicali, en Basse-Californie. L’opération, qui a mobilisé la Garde nationale, l’armée et la force aérienne mexicaine, a également permis la saisie de trois véhicules et d’un bien immobilier. Selon la presse nationale, ce coup de filet, d’une valeur estimée à 5 millions de pesos, a été rendu possible grâce à une coordination interinstitutionnelle incluant le Centre national de surveillance de l’espace aérien.
Parallèlement, dans la même région, un hangar clandestin a été démantelé lors de l’“Operativo Valle”, déclenché à la suite d’une plainte citoyenne. Les autorités y ont découvert un avion ultraléger aux numéros de série altérés, présumé utilisé pour des activités illicites, et ont arrêté un homme de 52 ans. La presse locale évoque un lien avec “Los Rusos”, le bras armé de la faction des Mayos du cartel de Sinaloa, soulignant l’ancrage régional de ces réseaux. La gouverneure Marina del Pilar a salué une action qui, selon ses termes, ne laisse “aucun recoin où les criminels puissent se cacher”.
À des milliers de kilomètres, au Brésil, la police fédérale a mis en lumière une connexion tout aussi préoccupante : la saisie, par l’armée de l’air, de 500 kilos de cocaïne à bord d’un bimoteur dans l’intérieur de São Paulo, destinés à l’Espagne. Les investigations ont pointé le rôle d’un trafiquant serbe, Antum Mrdeza, alias Nikolas Boro, recherché par Interpol, et ses liens présumés avec le Primeiro Comando da Capital (PCC). Cette opération, baptisée “Narco Sky”, illustre la dimension transatlantique du trafic et la porosité des routes aériennes entre l’Amérique du Sud et l’Europe.
Ces actions coordonnées témoignent de l’intensification de la lutte contre le narcotrafic aérien à l’échelle continentale. Le recours à de petits aéronefs, souvent modifiés, reste un maillon faible pour les cartels, mais la coopération transnationale, notamment le partage de renseignements entre les États-Unis, le Mexique et le Brésil, déstabilise ces filières. Toutefois, la persistance de ces saisies – du Pacifique mexicain à l’Atlantique sud – confirme que la bataille pour le contrôle de l’espace aérien illicite est loin d’être gagnée.
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