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jeudi 4 juin 2026 · Édition de 06:00 CET

Derrière les nouveaux tarifs américains, le spectre du travail forcé comme prétexte

Washington impose des droits de douane de 12,5 % à soixante pays, accusés de ne pas lutter contre le travail forcé. Une manœuvre protectionniste qui ravive les tensions diplomatiques, du Brésil à l’Union européenne.

Économie61 sources11 langues2 min de lectureMàj 07:38

Le bureau du représentant américain au commerce a proposé mardi soir des droits de douane punitifs de 10 ou 12,5 % sur la quasi-totalité des importations étasuniennes, visant soixante partenaires commerciaux. S’appuyant sur une enquête dite « Section 301 », Washington reproche à ces États de ne pas avoir interdit ni contrôlé efficacement l’entrée de biens produits par le travail forcé. Cette nouvelle salve tarifaire constitue la troisième tentative de l’administration Trump pour ériger un mur protectionniste, après que la Cour suprême a invalidé en février les taxes d’urgence décrétées l’année précédente.

Pour de nombreux observateurs, l’argument esclavagiste sonne comme un expédient. La presse anglo-saxonne rappelle que les droits de l’homme n’ont jamais compté parmi les priorités du président républicain, et que l’objectif réel est de reconstruire l’édifice tarifaire abattu par les juges. L’Union européenne, visée par un taux de 10 %, a qualifié ces mesures d’« injustifiées », tandis que Londres se dit engagé contre le travail forcé. Le Canada, où 85 % des exportations vers les États-Unis sont protégées par l’accord de libre-échange nord-américain, relativise l’impact, alors que le Mexique, également épargné en grande partie, voit la main de Washington dans la renégociation du T-MEC. L’Inde, frappée à 12,5 %, se borne à déclarer qu’elle « reste engagée » dans les discussions. Le Brésil focalise l’attention. Le président Lula a réagi avec virulence, fustigeant un « traitement inacceptable » et qualifiant le secrétaire d’État Marco Rubio de « latino-américain frustré ». Brasília dénonce une « absurdité » et agite la menace de représailles via sa loi de réciprocité. La querelle commerciale prend une tournure électorale, le pré-candidat d’extrême droite Flávio Bolsonaro imputant ces taxes à la politique étrangère de Lula, qu’il accuse de provoquer Washington. Le système de paiement instantané Pix, décrit comme un « champion national » déloyal par le rapport américain, est devenu un étendard patriotique au palais du Planalto. D’ultimes fenêtres diplomatiques s’ouvrent. Donald Trump a confirmé sa présence au sommet de l’OTAN en Turquie en juillet et au G7 en France mi-juin, où un face-à-face avec Lula est envisagé. Mais pour les analystes, l’administration cherche surtout à gagner du temps et à exercer une pression maximale avant l’expiration des actuels tarifs temporaires. Derrière le paravent moral du travail forcé, c’est une logique de marchandage brutal qui se met en place.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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Stampa atlantica / anglosferascetticismoindignazione

L’administration Trump tente pour la troisième fois d’ériger un mur tarifaire mondial, en se servant de la lutte contre le travail forcé pour contourner l’arrêt de la Cour suprême. Il s’agit d’une manœuvre cynique qui nuit aux partenaires commerciaux et menace l’économie mondiale.

Stampa latinoamericana/ bolivariana_progressistaindignazioneurgenza

Le Brésil et d’autres pays latino-américains sont les victimes de la guerre tarifaire de Trump, qui prend le travail forcé comme prétexte pour frapper leurs économies. Le président Lula dénonce l’hypocrisie américaine et menace de riposter, tandis que le conflit se transforme en enjeu électoral interne.

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Trump participera au sommet de l’OTAN en Turquie et au G7 en France, confirmant l’engagement américain au sein des alliances. La presse russe passe sous silence les nouvelles menaces tarifaires et se concentre uniquement sur l’agenda diplomatique.

Stampa cinese/ statoschadenfreudepragmatismo

Lula défie ouvertement les États-Unis en déclarant qu’il vendra ses produits ailleurs, remerciant la Chine pour son ouverture à la viande bovine. La presse chinoise présente Pékin comme un partenaire commercial fiable face à l’agression tarifaire américaine et se félicite du détachement du marché américain.

Cette actualité est parue dans

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El Sol de México3 juin, 19:17
Lenta.ru3 juin, 22:22
The Economic Times4 juin, 03:25
Excelsior3 juin, 21:22
Vedomosti3 juin, 23:22
Sky News Arabia3 juin, 22:22
7NEWS4 juin, 03:27
Poder3603 juin, 23:23