Cuba : sous pression américaine, les grands groupes hôteliers espagnols plient bagage
La chaîne Meliá et d’autres enseignes européennes se retirent de l’île, étranglée par les sanctions de Washington et une crise multidimensionnelle.

La décision de Meliá Hotels International de se retirer de la gestion de quinze établissements cubains marque un tournant symbolique dans l’asphyxie économique de l’île. Officiellement justifié par un « contexte géopolitique, social, juridique et économique » dégradé, ce désengagement, annoncé le 3 juin, intervient alors que l’étau des sanctions américaines se resserre. La coïncidence avec le 95e anniversaire de Raúl Castro, soulignée par la presse latino-américaine, confère à l’événement une charge politique particulière.
Meliá n’est que la figure de proue d’un mouvement plus large. Les chaînes Iberostar, Royalton et Blue Diamond ont également réduit la voilure, tandis que la compagnie Iberia a supprimé des liaisons aériennes. En ligne de mire, le décret exécutif 14404, qui permet à Washington de geler les avoirs d’entreprises liées au conglomérat militaro-économique Gaesa, pilier du régime. Cette pression juridique extraterritoriale place les groupes étrangers, notamment européens, face à un choix cornélien : renoncer au marché cubain ou s’exposer à des représailles américaines.
Vu d’Europe, ce repli illustre l’impuissance des capitales du Vieux Continent à protéger leurs champions nationaux face à l’extraterritorialité du droit américain. La presse espagnole, en particulier, souligne l’amertume d’un secteur touristique qui avait massivement investi à Cuba depuis les années 1990, profitant d’une relative détente sous l’administration Obama. Aujourd’hui, le retour d’une doctrine de « pression maximale » sous Donald Trump, combinant blocus pétrolier et sanctions ciblées, tarit les devises indispensables à l’île et rend l’environnement des affaires impraticable.
Pour Cuba, le choc est multiple. Le tourisme, poumon économique déjà à genoux depuis le pic de 2018, risque de s’effondrer davantage, aggravant une crise énergétique et sociale dont la presse latino-américaine se fait largement l’écho. À plus long terme, ce désinvestissement pourrait accélérer un réalignement géopolitique : privée de partenaires occidentaux, La Havane pourrait se tourner toujours plus vers la Chine et la Russie, au risque d’un isolement accru vis-à-vis d’un Occident dominé par Washington. Les prochains mois diront si l’Union européenne choisira de contester l’extraterritorialité des sanctions américaines ou d’accepter un recul de son influence dans les Caraïbes.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Les sanctions américaines poussent les chaînes hôtelières hors de Cuba. L'échéance imminente pour rompre les liens avec le conglomérat militaire Gaesa déclenche un exode sans précédent. Les sociétés ne voient d'autre choix que de se retirer pour éviter des représailles juridiques de Washington.
L'étau de Washington porte un coup sévère au tourisme cubain, déjà exsangue à cause de la crise énergétique. Meliá ferme immédiatement 15 hôtels et Iberostar emboîte le pas, étouffant l'économie de l'île. Les sanctions frappent les opérateurs européens sans véritablement affaiblir le pouvoir de La Havane.
L'offensive de Trump contre le complexe militaro-économique cubain porte ses fruits. La fuite des chaînes hôtelières prouve que les sanctions étranglent le régime. C'est une victoire de la ligne dure, qui isole Cuba et coupe les financements aux militaires.
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