De Bogota à Taipei, l’inflation repart, alimentée par l’énergie et les tensions géopolitiques
En Colombie, l’indice des prix a bondi à 5,84 % en mai, dépassant les attentes, tandis qu’au Mexique la confiance des consommateurs chute et qu’à Taïwan l’inflation franchit le seuil d’alerte des 2 %, ravivant les défis mondiaux.

La poussée inflationniste en Colombie a surpris les marchés en mai, avec un indice des prix à la consommation grimpant à 5,84 % en rythme annuel, son plus haut niveau depuis l’été 2024. Les analystes tablaient sur un reflux, mais la hausse des coûts dans les restaurants (9,62 %), la santé (8,35 %) et l’éducation (7,58 %) a propulsé l’indicateur bien au-delà des prévisions, qui oscillaient entre 5,77 % et 6,06 %. Ce regain intervient dans un climat politique tendu, à quelques semaines d’une élection présidentielle déterminante, et illustre la difficulté pour le futur exécutif de concilier relance économique et maîtrise des prix.
Dans le reste de l’Amérique latine, les signaux s’accumulent. Au Mexique, la confiance des consommateurs a touché en mai son point le plus bas depuis décembre 2022, plombée par l’inquiétude sur les prix ; l’enquête mensuelle de la banque Citi révise à la hausse la prévision d’inflation pour la fin d’année. En Argentine, le crédit en pesos au secteur privé s’est contracté pour le cinquième mois consécutif, indicateur d’une activité économique bridée par l’incertitude monétaire. Aux États-Unis, l’inflation atteignait déjà 3,8 % en avril, un sommet sur trois ans, et les tentatives de l’administration pour en minimiser l’impact via un prisme partisan (États bleus versus rouges) peinent à masquer une réalité nationale.
Le phénomène traverse le Pacifique. À Taïwan, l’indice des prix a franchi la barre symbolique des 2 % en mai (2,20 %), une première depuis avril 2025, sous l’effet de la flambée des cours pétroliers provoquée par les conflits au Moyen-Orient. Le Vietnam, bien que modéré (hausse mensuelle de 0,29 %), voit aussi son indice tiré par l’électricité, l’eau et les carburants, tandis que son commerce extérieur bascule dans un déficit de 13,8 milliards de dollars sur les cinq premiers mois. Ces économies importatrices subissent de plein fouet la volatilité des matières premières énergétiques, qui se répercute en cascade sur les prix intérieurs.
La résurgence simultanée des tensions inflationnistes, de Bogota à Taipei, rappelle que la désinflation patiemment orchestrée par les banques centrales après la pandémie reste fragile. L’immobilisme apparent des pouvoirs publics vietnamiens sur la fiscalité de l’or, le déséquilibre commercial argentin ou la défiance mexicaine s’ajoutent aux aléas géopolitiques mondiaux pour entretenir un climat d’incertitude. Dans ce contexte, le moindre choc sur les prix de l’énergie menace de reléguer à plus tard toute normalisation monétaire, laissant présager une année 2026 sous le signe de la prudence budgétaire et de la rigueur salariale.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
L'inflation colombienne atteint 5,84 % en mai, au plus haut depuis août 2024, sans aucun signe de ralentissement. Les marchés anticipent une nouvelle accélération, tandis que la confiance des consommateurs mexicains chute à son plus bas niveau depuis 2022. La hausse des prix devient un frein structurel pour toute la région.
Au Vietnam, l'inflation de mai a légèrement augmenté de 0,29 % par rapport à avril, portée par l'électricité, l'eau et les carburants, tandis que l'or reculait et le dollar progressait. Les autorités lancent une application pour localiser les stations-service et mettent en service le premier train de conteneurs Thanh Hải-Đồng Nai. Les recettes budgétaires dépassent 1 341 milliards de đồng sur cinq mois.
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