Pétrole : le baril frôle les 100 dollars, le spectre d’une guerre prolongée au Moyen-Orient
La recrudescence des hostilités entre Washington et Téhéran fait flamber les cours du brut, ravivant les craintes d’un choc inflationniste mondial et menaçant les équilibres énergétiques internationaux.

Les marchés pétroliers ont connu une nouvelle poussée de fièvre mercredi, portant le baril de Brent à 97,81 dollars en clôture, tandis que le WTI américain s’est hissé à 96,02 dollars. En séance, le Brent a même frôlé les 99 dollars, un seuil qui n’avait plus été atteint depuis des mois. Cette flambée est directement imputable à l’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran, qui a réduit en cendres les espoirs d’un cessez-le-feu rapide.
Selon des informations relayées par l’agence russe Interfax, l’armée américaine a mené des frappes contre l’île iranienne de Qeshm, en riposte à des tirs de projectiles iraniens qui ont touché l’aéroport international du Koweït, faisant une victime. Cet échange de coups, qui constitue une violation manifeste de la trêve fragile entrée en vigueur le 8 avril, a ravivé les tensions autour du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour près d’un cinquième du pétrole mondial. Les négociations diplomatiques, qui semblaient progresser, paraissent désormais compromises.
Pour la presse latino-américaine, comme le quotidien argentin Perfil, cette situation profite toutefois à certains pays exportateurs, à l’image de l’Argentine qui voit ses perspectives budgétaires s’améliorer avec la hausse des cours. Mais cette embellie locale contraste avec l’inquiétude qui gagne les économies dépendantes des importations, notamment en Europe et en Afrique francophone, où la facture énergétique risque d’aggraver les pressions inflationnistes déjà vives. Le spectre d’un choc pétrolier comparable à celui de 2022 plane de nouveau sur des États comme le Sénégal ou la Côte d’Ivoire, particulièrement vulnérables à la volatilité des cours.
Les investisseurs, qui avaient intégré une prime de risque modérée dans les prix, réévaluent désormais la probabilité d’un conflit prolongé. Les Bourses mondiales en pâtissent : Wall Street a ouvert en baisse mercredi, et les marchés européens devraient suivre la tendance. Si les canaux diplomatiques restent officiellement ouverts, la défiance mutuelle entre Washington et Téhéran laisse présager une poursuite de la guérilla dans la région, alimentant la prime de risque et maintenant les cours à des niveaux élevés. Pour les économies du Nord comme du Sud, l’urgence est désormais de se prémunir contre une nouvelle flambée des prix de l’énergie.
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