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vendredi 5 juin 2026 · Édition de 10:00 CET

« Backrooms » : du creepypasta à A24, l'irrésistible ascension d'un cinéma né en ligne

Porté par un mythe viral, « Backrooms » devient le meilleur démarrage d’A24. Une trajectoire de YouTube au grand écran, célébrée en Europe mais accueillie plus froidement dans une partie de l’Amérique latine.

Société6 sources1 langues2 min de lectureMàj 15:15

L’industrie cinématographique retient son souffle : avec « Backrooms », le studio A24 signe le meilleur démarrage de son histoire, porté par un réalisateur de vingt ans, Kane Parsons, issu de la culture YouTube. Ce film d’horreur, adapté d’une série de courts-métrages en ligne, confirme le basculement générationnel à l’œuvre dans le septième art.

Né d’un « creepypasta » diffusé sur le forum 4chan en 2019, le concept des « backrooms » – ces espaces liminaux et oppressants, comme des couloirs administratifs sans fin – a d’abord conquis TikTok, cumulant des milliards de vues. Comme le rappellent des médias britanniques et italiens, c’est en 2022 que le jeune Américain, alors âgé de seize ans, transforme cette légende urbaine en une websérie horrifique, mêlant found footage et esthétique de jeu vidéo.

Dans la presse européenne, le succès est salué comme un tournant pour le cinéma d’épouvante. En Espagne, on y voit le fruit d’une génération nourrie à l’internet et à la psychanalyse, citant même Carl Jung pour décrypter un récit centré sur la thérapie de l’architecte raté Clark. Du côté québécois, l’analyse élargit la focale : de jeunes réalisateurs comme Curry Barker avec « Obsession » imposent YouTube et TikTok comme les nouveaux viviers du genre. Mais ce triomphe n’est pas uniforme. En Colombie, on titre sur un « labyrinthe liminal qui n’arrive pas à décoller » – signe d’une réception plus mitigée en Amérique latine, malgré l’engouement argentin où l’on compare la ferveur des amateurs d’horreur à celle des supporteurs de Boca Juniors.

Au-delà du phénomène éphémère, « Backrooms » interroge les circuits de légitimation culturelle. L’émergence de talents autodidactes, capables de fédérer des communautés en ligne avant de séduire les grands studios, rebat les cartes de la production hollywoodienne. Reste à savoir si cette hybridation entre viralité numérique et grand écran survivra à l’effet de mode – ou si, comme le suggère la critique, le film pâtit déjà des limites de son esthétique conceptuelle.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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Une autre créature de l'industrie hollywoodienne naît du vaste imaginaire d'internet. Les couloirs jaunes sans fin peuplés de monstres anonymes captivent des millions de jeunes, un phénomène que la presse occidentale célèbre sans réserve. La véritable information est la puissance du marketing numérique transformant une peur collective en produit de cinéma.

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Les nouveaux maîtres de l'horreur ne sortent pas des écoles de cinéma, mais de YouTube. Backrooms et d'autres films récents montrent que le talent élevé sur les plateformes vidéo peut rencontrer un succès critique et public, redessinant l'industrie de l'épouvante. Les experts y voient une évolution inévitable et prometteuse, une greffe d'énergie numérique sur le cinéma traditionnel.

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Des creepypasta de 4chan au meilleur démarrage jamais enregistré chez A24, Backrooms est un triomphe de la science-fiction horrifique issue de la base. Le réalisateur, tout juste vingt ans et autodidacte, transforme les cauchemars liminaux en un langage visuel mêlant found footage et jeu vidéo. L'ironie amère d'une modernité obsédée par la thérapie trouve dans ce film son miroir le plus fidèle.

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Une esthétique liminale virale ne suffit pas à soutenir un long métrage. Le labyrinthe de Kane Parsons, bien que parti d'une idée intrigante sur les espaces de transit, n'arrive pas à décoller, égaré dans un emballage qui reste prisonnier du format web. Les ambitions cinématographiques se heurtent à une mise en scène qui ne dépasse pas la fascination numérique et laisse le spectateur dans un vide de sens.

Cette actualité est parue dans

6 sources · 1 langues · fenêtre 24 h

El Espectador5 juin, 11:29
Wired Italia5 juin, 06:55
Clarín5 juin, 12:40
BBC Persian5 juin, 06:55
Le Devoir5 juin, 06:55
El Confidencial5 juin, 12:39