Crans-Montana : l’étau judiciaire se resserre sur les Moretti, accusés de faux
Alors que le couple est entendu pour la première fois en confrontation, la justice suisse élargit les charges à un faux documentaire, révélant les failles de la défense.

L’enquête sur l’incendie meurtrier du Constellation, à Crans-Montana, a franchi un cap décisif le 5 juin, avec l’audition conjointe de Jessica et Jacques Moretti. Pour la première fois, les propriétaires du bar discothèque ont été confrontés l’un à l’autre et aux questions de la procureure Catherine Seppey, en présence de quelque soixante-dix avocats des parties civiles. Mais au-delà de cette mise en scène judiciaire, c’est l’élargissement inattendu de l’accusation qui a marqué les esprits : comme l’ont révélé des médias alémaniques, Jessica Moretti est désormais poursuivie pour faux dans les titres, soupçonnée d’avoir falsifié une facture relative à l’achat de la mousse insonorisante hautement inflammable qui a propagé le feu.
La presse suisse alémanique a minutieusement documenté les contradictions dans les déclarations des Moretti. Selon la NZZ, au moins sept incohérences majeures émaillent leurs versions, de l’origine de la mousse aux issues de secours. Le parquet valaisan semble avoir accumulé des preuves techniques et des témoignages qui contredisent la ligne de défense du couple, qui affirmait avoir testé la mousse sans risque. Pendant ce temps, la justice avance sur plusieurs fronts, ayant interrogé depuis février des responsables communaux et des experts en sécurité incendie.
Côté transalpin, les médias italiens ont mis l’accent sur la dimension humaine et le drame des familles. Lors de l’audience, Jessica Moretti a déclaré, en italien : « On a dit tellement de mensonges sur nous, nous avons été détruits », provoquant la réaction cinglante d’une mère de victime : « Toi, tu peux encore embrasser tes enfants ». Cette tension, palpable à l’extérieur du tribunal de Sion, contraste avec l’atmosphère plus sereine rapportée par les quotidiens romands, qui notent néanmoins que les parties civiles restent déterminées à obtenir justice. La présence d’un avocat mandaté par le gouvernement italien souligne la dimension internationale de l’affaire.
L’horizon judiciaire s’annonce long et complexe. Un père de famille, Antonis Kallergis, a porté l’affaire devant le Tribunal fédéral, estimant que les investigations n’ont pas exploré toutes les responsabilités, notamment celles des autorités locales. Cette initiative pourrait relancer certains pans de l’enquête. Pour les observateurs, l’issue dépendra de la capacité du Ministère public à démêler les négligences individuelles des défaillances systémiques dans le contrôle des établissements nocturnes. Alors que l’émotion reste vive, c’est désormais au droit de trancher.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Le propriétaire du bar fait l'objet d'une nouvelle inculpation dans l'incendie de la Saint-Sylvestre dans une station de ski suisse qui a fait 41 morts, principalement des adolescents de moins de 16 ans. Le récit reste sobre et factuel, se concentrant sur l'évolution judiciaire et la jeunesse des victimes.
Des conversations et un message vocal révèlent que le couple Moretti avait alerté son personnel sur le risque que des étoiles lumineuses enflamment la mousse, preuve d'une conscience préalable du danger. De fausses factures ont également émergé, tandis que la commune de Crans-Montana tente d'écarter des milliers de courriels saisis, suscitant l'indignation face à une possible obstruction.
L'incendie d'une discothèque d'une station suisse ayant fait 41 morts, majoritairement des adolescents, suscite une alarme sur les carences des normes de sécurité incendie dans les stations alpines. Les enquêtes montrent qu'une mousse inflammable et des engins pyrotechniques ont transformé les lieux en piège mortel, tandis que des lacunes réglementaires auraient permis le drame. Les appels à un renforcement des contrôles se multiplient.
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