Arabie saoudite : le non-pétrolier dépasse 55 % du PIB, mais le rythme ralentit
L’économie saoudienne franchit un cap symbolique, tandis que le Maroc engrange les touristes et l’Afrique du Sud guette les répercussions du conflit iranien.

L’Arabie saoudite a franchi en 2025 un seuil historique : son produit intérieur brut réel a atteint 1 310 milliards de dollars, et les secteurs non pétroliers représentent désormais 55 % de l’activité économique, selon le rapport annuel du Programme national de transformation. Les flux d’investissements directs étrangers ont bondi à 35,5 milliards de dollars, près de cinq fois leur niveau de 2017, et plus de 700 entreprises ont installé leur siège régional dans le royaume. Cette dynamique, portée par le tourisme, la finance et les services aux entreprises, a permis une expansion du PIB non pétrolier de 4,9 % sur l’année.
Pourtant, le premier trimestre 2026 marque un essoufflement. La croissance globale s’est limitée à 3 % en glissement annuel, la plus faible en six trimestres, d’après l’autorité statistique saoudienne. Les activités pétrolières, après plusieurs trimestres de rebond, se sont contractées de 6,8 % par rapport au trimestre précédent, conséquence directe des ajustements de production décidés par l’OPEP+. Le Fonds public d’investissement (PIF), pilier de la diversification, affichait fin 2025 des actifs sous gestion de 910 milliards de dollars, sensiblement en deçà de l’objectif de 1 090 milliards fixé par Vision 2030, dont le plan arrive à mi-parcours.
À l’autre extrémité du continent, le Maroc a enregistré une croissance de 4,9 % en 2025, mais les comptes nationaux révèlent une dépendance marquée à l’investissement public, notamment dans les grandes infrastructures, tandis que la consommation des ménages reste atone. Le royaume a parallèlement grimpé à la 22e place mondiale des arrivées touristiques, avec 19,8 millions de visiteurs et 14,8 milliards de dollars de recettes, selon le baromètre de l’ONU Tourisme. L’hôtellerie saoudienne profite elle aussi de cet élan : à Médine, le taux d’occupation annuel a atteint 75 % en 2025, son plus haut niveau en trois ans, reflet de l’attractivité croissante du pèlerinage.
L’Afrique du Sud, pour sa part, a connu une progression modeste de 0,5 % au premier trimestre 2026, soutenue par la finance mais pénalisée par un recul de l’industrie manufacturière et des investissements fixes. L’office statistique prévient que l’impact de la guerre en Iran n’est pas encore intégré dans ces chiffres, laissant planer une incertitude sur les prochains trimestres. Ce tableau contrasté illustre les défis communs aux économies émergentes qui misent sur la diversification : entre ambitions de transformation, vulnérabilité aux chocs géopolitiques et nécessité de rééquilibrer le rôle de la dépense publique, la trajectoire reste étroite.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
La Vision 2030 de l'Arabie saoudite porte ses fruits : l'économie dépasse 1 310 milliards de dollars, les secteurs non pétroliers tirent la croissance, le taux d'occupation hôtelière à Médine atteint 75 % et les IDE ont quintuplé, même si quelques objectifs restent légèrement en deçà. C'est un succès pragmatique de diversification, produisant des résultats concrets à long terme.
Derrière les records touristiques marocains et une croissance de 4,9 % se cache une dépendance excessive à l’investissement public et une consommation des ménages fragile ; pendant ce temps, l’Arabie saoudite a affiché sa croissance trimestrielle la plus faible en six trimestres avec le repli de l’activité pétrolière. Les chiffres incitent au pragmatisme, pas aux célébrations.
La croissance non pétrolière saoudienne et les gains touristiques marocains sont notables, mais le royaume a manqué des objectifs clés de la Vision 2030 et la modeste expansion sud-africaine pourrait bientôt subir le contrecoup de la guerre en Iran. Les analystes restent prudents, surveillant si la diversification peut compenser les risques externes.
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