Se connecter
Édition de 10:00 CETjeudi 11 juin 2026
287 sources · 16 langues77 briefings aujourd'hui
mardi 9 juin 2026 · Édition de 16:00 CET

Ankara et Riyad relancent le rêve ferroviaire du Hedjaz pour relier le Golfe à l’Europe

L’Arabie saoudite et la Turquie ont signé des protocoles d’accord pour réactiver le corridor historique du Hedjaz et développer une dorsale logistique transrégionale, tandis que Ryad modernise son réseau intérieur.

Économie5 sources3 langues3 min de lectureMàj 19:25

La signature, mardi à Riyad, de deux mémorandums d’entente entre l’Arabie saoudite et la Turquie dans les secteurs ferroviaire et logistique marque une étape structurante dans la recomposition des réseaux de transport du Moyen-Orient. Les ministres Saleh Al-Jasser et Abdulkadir Uraloglu ont scellé une coopération qui vise explicitement à créer un corridor terrestre reliant le Golfe arabo-persique au continent européen, via la péninsule arabique et l’Anatolie. Cette ambition, décrite par des médias économiques du Golfe comme l’ouverture d’une « nouvelle phase », se nourrit de la volonté turque de diversifier ses débouchés logistiques et de la stratégie saoudienne d’ériger le royaume en plateforme de transit mondial.

Au cœur de ce rapprochement figure la résurrection modernisée du chemin de fer du Hedjaz, ligne centenaire reliant jadis Damas à Médine. La presse panarabe et les sites d’analyse régionaux soulignent que le projet dépasse la simple restauration patrimoniale : il s’agit de redessiner la carte des échanges eurasiens en impliquant la Jordanie et la Syrie, deux maillons incontournables du tracé ottoman originel. Une telle entreprise multilatérale, dont les contours techniques et diplomatiques restent à préciser, porterait une charge symbolique forte, tout en s’inscrivant dans une compétition régionale pour le contrôle des flux de marchandises entre l’Asie et l’Europe.

La presse économique iranienne apporte un éclairage complémentaire sur la faisabilité de l’itinéraire. Le ministre turc Uraloglu a révélé que deux trajets d’essai, partis de Turquie et traversant l’Irak jusqu’en Arabie saoudite, ont démontré la viabilité de cette alternative méridionale. Il a aussi rappelé qu’avant 2012, les échanges de passagers entre les deux pays atteignaient vingt mille personnes par an, un volume qui reste aujourd’hui en deçà en raison des tensions régionales. Cet axe passant par Bagdad contourne la Syrie encore instable et offre à Ankara comme à Riyad un corridor de repli face aux incertitudes du Levant, tout en ravivant le rôle de l’Irak comme territoire de transit.

Parallèlement à ces grands desseins transfrontaliers, l’Arabie saoudite continue de renforcer son infrastructure ferroviaire domestique. Selon une source économique du Golfe, la société Saudi Arabia Railways (SAR) vient d’attribuer à un groupement hispano-égyptien, associant OHL Arabia et Hassan Allam Construction, un contrat pour la liaison de la deuxième ville industrielle de Dammam. Ce tronçon de 22,7 kilomètres, comprenant ponts, signalisation et coordination avec le réseau électrique national, témoigne de la montée en compétence des autorités saoudiennes en matière d’ingénierie ferroviaire, compétence indispensable pour jouer un rôle crédible dans les projets intercontinentaux.

L’empilement de ces initiatives – corridor du Hedjaz, route alternative irakienne, chantiers domestiques – dessine un Moyen-Orient qui cherche à se réinventer en pont terrestre entre les grandes aires économiques mondiales. Reste que la mise en œuvre dépendra de la stabilisation politique en Syrie et en Irak, ainsi que de la capacité des capitales régionales à aligner normes techniques, financements et volontés diplomatiques. Pour les observateurs européens, la perspective d’un tel maillage continental ne relève plus de la fiction, mais d’un lent réagencement des routes de la soie modernes, où les rails remplacent les pipelines et les autoroutes.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Stampa arabo levante-MaghrebStampa del Golfo arabo · sauditaStampa iraniana e affini · regimeStampa atlantica / anglosfera · sicurezza
Stampa arabo levante-Maghrebpragmatismourgenza

La signature de deux mémorandums d’entente entre la Turquie et l’Arabie saoudite est présentée comme un élément clé de l’élan régional visant à faire revivre le chemin de fer du Hedjaz, redessinant les cartes des transports entre l'Asie et l'Europe. Les accords sont perçus comme un projet structurel transfrontalier qui dépasse les intérêts locaux, favorisant une véritable intégration régionale du commerce et de la mobilité. L'accent est mis sur la coopération en matière de technologie ferroviaire, les centres logistiques et la numérisation afin de garantir des flux commerciaux ininterrompus malgré les turbulences régionales.

Stampa del Golfo arabo/ sauditapragmatismotrionfo

L’Arabie saoudite et la Turquie ont scellé deux mémorandums d’entente majeurs sur les chemins de fer et la logistique, salués comme une avancée historique vers un futur corridor terrestre reliant directement le Golfe à l’Europe. Les accords sont présentés comme une percée stratégique qui fera progresser le savoir-faire technique, les infrastructures logistiques et la connectivité sans couture, en parfaite adéquation avec l’ambition de Riyad de devenir une plateforme logistique mondiale. Ce geste pragmatique est célébré comme un renforcement de la diversification économique du Royaume et de ses corridors commerciaux.

Stampa iraniana e affini/ regimescetticismodistacco

En rapportant la signature des mémorandums ferroviaires et logistiques entre la Turquie et l’Arabie saoudite, les sources iraniennes adoptent un ton prudent, soulignant que le trafic passagers mutuel reste bien en deçà du seuil annuel de 20 000 atteint avant 2012 en raison des troubles régionaux. Les responsables affirment vouloir dépasser ce chiffre, mais Téhéran surveillerait de près l’évolution de l’axe Syrie-Jordanie-Irak, signe que le nouveau corridor pourrait contourner le territoire iranien. La couverture allie observation pragmatique et une pointe de scepticisme face à la reconfiguration des liaisons régionales.

Stampa atlantica / anglosfera/ sicurezzapragmatismodistacco

La Turquie et l’Arabie saoudite avancent dans leur projet de ressusciter le chemin de fer centenaire du Hedjaz, en signant des mémorandums sur la connectivité ferroviaire et la logistique. L’initiative est présentée comme une impulsion menée par Ankara pour relancer un corridor historique qui reliait autrefois le Golfe à l’Europe via la Syrie et la Jordanie, aujourd’hui perçu comme un projet au poids géopolitique considérable. Les observateurs notent que la modernisation de cet itinéraire pourrait redessiner les flux commerciaux régionaux et ajouter une couche sensible au paysage syrien déjà instable.

Cette actualité est parue dans

5 sources · 3 langues · fenêtre 24 h

Donya-e Eqtesad9 juin, 17:17
Zawya9 juin, 14:55
Al-Monitor Iran Pulse9 juin, 16:09
An-Nahar9 juin, 16:09
Al-Modon9 juin, 16:08