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mardi 9 juin 2026 · Édition de 10:00 CET

Yeman Crippa triomphe au marathon de Paris et replace l’Europe au sommet

L’Italien d’origine éthiopienne s’impose en 2h05’18”, devenant le premier européen vainqueur depuis 24 ans, tandis que la Suisse et le Kenya brillaient à Zurich.

Société8 sources3 langues2 min de lectureMàj 10:29

L’athlète italien Yeman Crippa a inscrit son nom dans les annales de l’athlétisme en remportant le marathon de Paris en 2 heures 05 minutes et 18 secondes. Sous l’Arc de Triomphe, il est devenu le premier coureur transalpin à s’imposer dans la capitale française et le premier Européen depuis le Français Benoit Zwierzchiewski en 2002. Avec ce record personnel, amélioré de près d’une minute par rapport à ses 2h06’06” de Séville en février 2024, Crippa s’est hissé au deuxième rang italien de tous les temps derrière Iliaas Aouani (2h04’26” à Tokyo).

La presse italienne a unanimement célébré une « impresa » historique. Né en Éthiopie et élevé dans le Trentin, le coureur de 29 ans a construit une course tactiquement parfaite, restant dans le groupe de tête avant de placer une attaque décisive à un kilomètre et demi de l’arrivée sur un pavé en légère descente, distançant l’Éthiopien Bayelign Teshager (2h05’23”), le Kényan Sila Kiptoo et le Djiboutien Mohamed Ismail. Son negative split et sa déclaration – « La mia carriera da maratoneta inizia oggi, finalmente ho trovato la strada giusta » – signent un tournant après des Jeux olympiques de 2024 décevants, affichant une foi nouvelle dans la distance.

Le même jour, la Suisse offrait un autre éclairage. Au marathon de Zurich, les Kényans Davis Kiplangat et Vincent Kipsang Rono ont signé un doublé, tandis que l’Argovienne Selina Ummel montait sur la troisième marche du podium en améliorant son record personnel de cinq minutes (2h39’13”). Sur l’asphalte parisien, l’octuple champion du monde de course d’orientation Matthias Kyburz a pris une discrète 13e place en étant le cinquième Européen, soulignant la modestie de la moisson helvétique quand l’Italie exultait.

Au-delà des chiffres, cette victoire résonne comme une réappropriation européenne d’une épreuve longtemps monopolisée par les athlètes d’Afrique de l’Est. Crippa, adopté en Italie à l’âge de sept ans, incarne ces trajectoires migratoires qui redessinent les identités sportives nationales. Tandis que les médias italiens érigent le récit d’une renaissance, la presse suisse germanophone évoque le résultat parisien en marge d’une édition zurichoise saturée de podiums kényans, illustrant combien la perception de l’exploit dépend des prismes nationaux. Crippa inscrit désormais son ambition dans la durée, avec pour horizon les grands rendez-vous mondiaux.

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