Haïti : bousculade meurtrière à la citadelle Laferrière, au moins 30 morts
Un mouvement de foule pendant les festivités de Pâques a provoqué un drame dans le nord d'Haïti. Les autorités redoutent un bilan plus lourd, entre asphyxie et panique.

Le drame, survenu samedi à la citadelle Laferrière, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, aurait fait au moins trente victimes, selon plusieurs médias haïtiens et internationaux. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a évoqué « un tragique incident » lors d’une manifestation touristique ayant attiré une foule exceptionnelle, notamment de jeunes, dans la commune de Milot, à une vingtaine de kilomètres de la deuxième ville du pays, Cap-Haïtien. Les opérations de secours n’étant pas achevées, le maire de Cap-Haïtien, Patrick Almonor, a prévenu que le bilan pourrait s’alourdir.
Les premières informations, souvent contradictoires, reflètent la fragmentation des récits selon les zones géographiques. Tandis que la presse germanophone, reprenant des dépêches d’agence, insiste sur une « panique de masse » et que certains titres confondent la forteresse avec une ancienne prison, les médias espagnols comme La Vanguardia rapportent que de nombreux visiteurs se sont retrouvés piégés dans les galeries étroites de l’édifice, victimes d’un manque d’oxygène dû à l’affluence et aux intempéries – des vents violents et de fortes pluies auraient accentué le chaos. La BBC, citant le responsable de la protection civile du département du Nord, Jean Henri Petit, précise que ce rassemblement avait lieu dans le cadre de la fête de Pâques, fédérant chaque année des centaines d’habitants et de touristes.
Ce drame met en lumière l’extrême vulnérabilité d’Haïti, pays en proie à une insécurité chronique où les gangs contrôlent une grande partie de la capitale. La citadelle Laferrière, symbole de la résistance anticoloniale et attraction touristique majeure, demeure l’un des rares sites encore accessibles dans le nord. L’absence de régulation des flux et la fragilité des infrastructures de secours, dans un État où les services publics sont quasi inexistants, transforment une fête religieuse en piège mortel.
L’enquête annoncée par Port-au-Prince devra déterminer si des défaillances dans l’organisation ou la gestion des accès ont contribué à la catastrophe. Au-delà du deuil, cet événement interroge la capacité d’un gouvernement sous pression à protéger son patrimoine et ses citoyens, alors même que le tourisme, essentiel à l’économie locale, pourrait subir un nouveau coup d’arrêt. Pour la diaspora haïtienne et les observateurs francophones, de Paris à Montréal, cette tragédie ravive les craintes quant à l’effondrement de l’État de droit sur l’île.
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