Xénophobie en Afrique du Sud : le Ghana et le Mozambique face à la violence anti-immigrés
Des attaques meurtrières à Mossel Bay suscitent rapatriements et critiques, tandis qu’Accra démantèle un réseau de traite et dénonce des complicités locales dans l’immigration irrégulière.

La résurgence de violences xénophobes en Afrique du Sud a fait des victimes parmi les ressortissants étrangers, contraignant plusieurs États africains à organiser des rapatriements d’urgence. Selon le gouvernement mozambicain, au moins cinq de ses citoyens ont été tués le week-end dernier à Mossel Bay, une ville côtière de la province du Cap-Occidental, lors d’attaques « directement liées à la xénophobie » [A2, A7]. Maputo fait état de sept décès au total, incluant deux accidentels, et d’environ 800 Mozambicains pris dans les violences [A7]. Pretoria, par la voix de sa police, n’a jusqu’ici confirmé que la mort de deux hommes de 27 et 43 ans, sans établir de mobile xénophobe, et annonce l’ouverture d’une enquête [A5, A6].
Ces événements s’inscrivent dans une vague de manifestations anti-immigrés qui secoue l’Afrique du Sud depuis plusieurs semaines, alimentée par la colère contre l’immigration clandestine [A5, A6]. Face à la montée des tensions, le Ghana a évacué environ 300 de ses ressortissants la semaine dernière, tandis que le Nigeria a également annoncé des rapatriements [A5]. Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a rejeté les accusations de « réaction excessive », soulignant que l’administration Mahama ne prend pas de risques avec la vie de ses citoyens et que plus d’un millier de demandes d’évacuation ont déjà été enregistrées pour un deuxième convoi [A4].
Parallèlement à cette mobilisation pour protéger sa diaspora, le Ghana renforce son dispositif de lutte contre l’immigration irrégulière sur son propre territoire. Le Service ghanéen de l’immigration a intercepté le 20 mai 2026 à Asankragwa 112 personnes, principalement des Nigérianes âgées de 12 à 38 ans, soupçonnées d’être victimes de traite à des fins d’exploitation sexuelle ; 105 d’entre elles ont été rapatriées [A1]. Le ministre de l’Intérieur, Mohammed Muntaka Mubarak, a par ailleurs dénoncé l’implication de Ghanéens « antipatriotiques » qui faciliteraient l’entrée et l’enregistrement illégal d’étrangers, y compris leur accès à la base de données nationale [A3]. Ces révélations, faites lors d’une visite dans la région de la Volta, illustrent une inquiétude grandissante face aux complicités locales.
Cette double séquence – rapatriements contraints depuis l’étranger et durcissement des contrôles à l’intérieur – souligne la fragilité des dynamiques migratoires sur le continent. Alors que l’Union africaine prône la libre circulation des personnes, les poussées xénophobes sud-africaines et les réponses sécuritaires qu’elles suscitent chez les voisins risquent d’éroder la confiance régionale. La crise actuelle pourrait relancer les débats sur la protection des migrants et la responsabilité des États d’origine, tout en mettant à l’épreuve la solidarité panafricaine. Les prochaines semaines diront si les mesures d’évacuation et les enquêtes policières suffiront à contenir un cycle de violences dont les racines plongent dans des frustrations économiques et des failles de gouvernance migratoire.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
La presse africaine anglophone souligne l'inquiétude suscitée par les attaques xénophobes en Afrique du Sud, qui ont fait cinq morts mozambicains et entraîné l'évacuation de ressortissants ghanéens. Les gouvernements africains réagissent fermement, défendant les opérations de rapatriement et dénonçant la complicité intérieure qui facilite l'immigration clandestine. Un double registre apparaît : condamnation de la violence et vigilance sécuritaire nationale.
La presse arabe du Levant et du Maghreb relate avec inquiétude la mort de cinq ressortissants mozambicains dans les violences xénophobes en Afrique du Sud, précisant qu'il s'agit des premières victimes étrangères confirmées. Elle souligne le retour spontané de centaines de compatriotes et la condamnation officielle de Maputo, dans un ton factuel et pragmatique.
La presse latino-américaine d'orientation marché rapporte de manière factuelle la dénonciation par le Mozambique de cinq citoyens tués dans des attaques xénophobes en Afrique du Sud, en les liant aux manifestations contre l'immigration irrégulière. La couverture est brève et descriptive, fondée sur des sources officielles, sans commentaire émotionnel.
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