Washington prend parti : Trump s’immisce dans la course à la présidence colombienne
Le soutien tapageur de Donald Trump au candidat de droite Abelardo de la Espriella indigne le gouvernement colombien et ravive les craintes d’ingérence, tandis que le secrétaire d’État promet une élection « libre et juste ».

La campagne pour la seconde tour de la présidentielle colombienne du 21 juin a pris une tournure internationale inattendue lorsque Donald Trump a affiché son « soutien total et complet » au candidat de droite Abelardo de la Espriella. Dans un message sur son réseau Truth Social, le président américain a qualifié ce dernier d’« intelligent, fort et dur », promettant qu’il réussirait à « relancer l’économie, créer des emplois, promouvoir le commerce, arrêter l’immigration illégale, combattre la criminalité et les drogues » [A1, A2]. L’avocat, connu comme « El Tigre », a remercié avec effusion, évoquant « le cœur palpitant de gratitude patriotique » [A11, A17]. Ce coup d’éclat s’inscrit dans un contexte de polarisation extrême, où chaque geste est scruté.
L’intervention a immédiatement suscité la colère du président sortant Gustavo Petro, qui y a vu une ingérence intolérable. « Quand un pays intervient dans les décisions d’un autre pays, la liberté meurt », a-t-il lancé sur X, appelant ses concitoyens à voter librement pour ne devenir « ni esclaves ni colonie de personne » [A2, A11, A16]. Son rival malheureux, le candidat de gauche Iván Cepeda, a dénoncé un « soutien ouvert au teinture ingérentiste », tout en réclamant que « la décision reste entre les mains de l’électorat » [A7, A16]. Certains médias colombiens n’ont pas manqué de rappeler que Petro lui-même s’était souvent mêlé des affaires d’autres pays, par exemple en appelant à la désobéissance de l’armée américaine sous Trump ou en commentant les crises au Chili et en Bolivie [A8, A13].
À Washington, la diplomatie a tenté de cadrer ce soutien partisan. Le secrétaire d’État Marco Rubio a assuré que les États-Unis feraient « tout ce qui est en leur pouvoir pour garantir que l’élection soit libre et juste » [A4, A9]. Mais sa déclaration faisait écho aux allégations de « fraude électorale massive » brandies par certains républicains, comme la représentante María Elvira Salazar, qui demandait des sanctions [A4]. Cette posture a renforcé le sentiment, largement partagé en Amérique latine, que Washington continue de considérer la région comme son arrière-cour. La presse indonésienne elle-même a relayé l’événement, preuve que le coup de force de Trump dépasse les frontières du continent [A10].
Alors que les autres candidats éliminés au premier tour hésitent à se prononcer – le centre a posé des conditions, le parti Nuevo Liberalismo laisse le choix à ses militants [A6, A14, A15] –, l’initiative trumpienne pourrait polariser davantage le scrutin. En alignant De la Espriella sur les thèmes chers au républicain (lutte antidrogue, rejet de l’immigration), elle risque de mobiliser à la fois l’électorat conservateur et un front anti-impérialiste. La Colombie, déjà profondément divisée, se retrouve projetée au cœur d’un bras de fer géopolitique où les vieux réflexes de la guerre froide semblent renaître.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Le candidat de droite colombien a remercié Trump pour son soutien après avoir obtenu le plus de voix au premier tour, diffusant une image générée par IA d'un aigle côte à côte avec un tigre. Le geste souligne le poids du parrainage américain dans une course présidentielle où l'imagerie prend une place inédite.
Le second tour est marqué par le soutien trumpien et les accusations d'ingérence que Petro lui oppose, alors que l'ancien président pèse sur la campagne de Cepeda. La scène politique assiste à des fractures partisanes et à un bilan gouvernemental critiqué, ce qui a permis la remontée de la droite.
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