Washington parle d’un accord imminent avec Téhéran, l’Iran dément toute avancée décisive
Donald Trump annonce qu’un accord nucléaire pourrait être signé ce week-end, mais Téhéran réfute tout progrès tangible, ravivant les incertitudes sur la région.

Le président américain Donald Trump a créé la surprise mercredi en affirmant, depuis le Bureau ovale, que les négociations avec l’Iran « se passent très bien » et qu’un accord pourrait être conclu « dès ce week-end ». Une déclaration aussitôt contredite par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, pour qui les canaux de communication restent ouverts mais « aucun progrès tangible » n’a été enregistré. Ce décalage entre les deux capitales, rapporté tant par la presse suédoise que par les médias russes ou anglo-saxons, illustre la fragilité d’un processus diplomatique que Téhéran lie étroitement à un cessez-le-feu au Liban.
Les contours d’un éventuel accord se précisent pourtant. Selon le Jerusalem Post, M. Trump a évoqué le transfert du stock iranien d’uranium hautement enrichi vers les États‑Unis, tandis que le Times of India rapporte une disposition inédite : des experts américains, en coordination avec les autorités iraniennes, pourraient pénétrer sur le sol iranien pour extraire du matériel nucléaire enfoui. Du côté russe, Kommersant souligne que Moscou voit Téhéran « assez proche de la signature » et mentionne la réouverture du détroit d’Ormouz sitôt l’accord signé. Mais le président américain, tout en vantant l’état des pourparlers, les a aussi jugés « très ennuyeux » – un agacement relevé par le quotidien russe Lenta.ru, qui note que M. Trump envisagerait même une rencontre avec le guide suprême iranien.
Les divergences persistent sur l’articulation entre le dossier nucléaire et la guerre au Liban. La presse suédoise, Östgöta Correspondenten et Sydsvenskan en tête, rappelle que Téhéran exige qu’un accord avec Washington garantisse aussi la paix au Liban, menacé par une escalade israélienne. De son côté, le président américain insiste sur une « séparation » des deux conflits, une position relayée par Gulf News. Cette asymétrie d’attentes complique les efforts de médiation, alors même que le cessez-le-feu entre les forces américaines et iraniennes, annoncé début avril, est officiellement maintenu.
Aux États‑Unis, le ton volontariste de M. Trump s’accompagne de menaces à peine voilées : « nous pourrions anéantir l’Iran en quelques semaines », a‑t‑il prévenu, tout en se disant privilégier une solution écrite. Le contraste entre cette rhétorique martiale et l’optimisme affiché nourrit le scepticisme des analystes. La presse hispanophone (El Universal) relève que la « décision finale » promise par M. Trump la semaine dernière n’a toujours pas été rendue, laissant planer le doute sur la capacité de Washington à transformer l’essai.
L’écart entre les récits américain et iranien illustre une dynamique classique de négociation sous pression, mais il révèle aussi l’imbrication croissante des foyers de crise au Moyen‑Orient. Pour les opinions européennes, ces développements rappellent les aléas de l’accord de 2015, avec cette fois un acteur russe plus impliqué et un Liban au bord du gouffre. La fin de semaine sera un test de crédibilité pour les deux parties, alors que le spectre d’un embrasement régional continue de hanter les chancelleries.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Les États-Unis négocient depuis une position de force militaire écrasante, Trump avertissant que l'Amérique pourrait facilement anéantir l'Iran en cas d'échec des pourparlers. Même si un accord pourrait être annoncé bientôt, un profond scepticisme demeure quant à la fiabilité de l'Iran, la nature instable du régime rendant tout accord fragile.
Trump affirme que les négociations avancent rapidement et qu'une percée pourrait intervenir ce week-end, mais l'Iran contredit catégoriquement, déclarant qu'aucun progrès tangible n'a été enregistré. Ce décalage révèle le large fossé entre les deux parties, tandis que Téhéran prévient qu'une escalade au Liban risque de déclencher une guerre plus large.
La Maison Blanche se montre optimiste quant à la finalisation d'un accord nucléaire d'ici quelques jours, mais Téhéran nie toute avancée réelle. Washington cherche à séparer le dossier nucléaire du conflit entre Israël et le Hezbollah, une liaison que l'Iran entretient délibérément, ce qui soulève des doutes sur la faisabilité d'un accord autonome.
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