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mercredi 27 mai 2026 · Édition de 10:00 CET

Washington bénit les marchés de prédiction, l'Europe et l'Australie ferment leurs portes

Alors que Donald Trump veut faire des États-Unis la capitale mondiale des cryptomonnaies et des paris prédictifs, l'Espagne et l’Australie bloquent l’accès à Polymarket et Kalshi. Une enquête révèle aussi la mainmise de neuf portefeuilles anonymes sur l'arbitrage des litiges.

Finance6 sources3 langues3 min de lectureMàj 13:45

Le président américain a choisi son camp. Dans un message publié mardi sur son réseau Truth Social, Donald Trump a solennellement promis de préserver « l'autorité exclusive » de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) sur les marchés de prédiction, et de garantir leur essor. « Sous ma direction, nous fixons des règles du jeu qui sont l'étalon-or pour les États, affirme-t-il, alors que d'autres pays cherchent à nous dépasser. » Cette déclaration consacre la volonté de Washington de faire des plateformes comme Polymarket et Kalshi des piliers d'une finance américaine dérégulée, au moment même où d'autres continents érigent des barrières.

En Europe, l'Espagne a en effet ordonné le blocage immédiat de ces deux mêmes plateformes, selon une information du Wall Street Journal relayée par le gouvernement de Jakarta. L'exécutif madrilène agit à titre préventif, dans l'attente d'une enquête de quatre mois visant à déterminer si les opérateurs violent la législation sur les jeux d'argent en proposant des paris sportifs et politiques sans licence. Cette mesure s'inscrit dans une tendance plus large : l'Australie, elle aussi, a interdit l'accès à ces marchés où s'échangent chaque semaine des milliards de dollars, jugeant inacceptable que l'on spécule sur des événements liés à des souffrances humaines, comme la chute d'une ville ukrainienne ou une action militaire contre le Yémen.

Pendant que les régulateurs se divisent, la gouvernance interne des plateformes est pointée du doigt. Une enquête du quotidien colombien El Espectador révèle que neuf portefeuilles anonymes de cryptomonnaies contrôlent, dans les faits, l'issue des paris litigieux sur Polymarket. Sur les deux mille contrats ayant nécessité un arbitrage externe en un an — couvrant guerres, élections ou tensions géopolitiques — ces neuf acteurs ont un pouvoir disproportionné, ce qui interroge la légitimité d'un système se voulant décentralisé. Le mécanisme de résolution des litiges, censé garantir la confiance, apparaît ainsi comme le maillon faible d'un écosystème où des milliards de dollars dépendent de décisions opaques.

Cette mosaïque de postures illustre la bataille mondiale autour d'une finance des paris que certains qualifient de révolution et d'autres de casino incontrôlé. Tandis que l'Amérique trumpiste parie sur l'innovation sans entraves, les États européens et océaniens invoquent la protection des consommateurs et l'ordre public. Le fossé réglementaire pourrait bien s'accentuer dans les prochains mois, surtout si la CFTC étend son autorité aux États fédérés, comme le souhaite la Maison Blanche. Mais l'opacité des arbitrages risque de freiner l'institutionnalisation de ces marchés, même aux États-Unis, si la confiance venait à manquer.

Cette actualité est parue dans

6 sources · 3 langues · fenêtre 24 h

El Espectador27 mai, 04:15
Australian Broadcasting Corporation (ABC)27 mai, 10:25
NBC News27 mai, 02:15
Bloomberg27 mai, 02:14
The Hill27 mai, 04:15
Antara News27 mai, 10:28