Trump se dit « honoré » de rencontrer le guide suprême iranien, un geste d’ouverture prudent
Le président américain a conditionné une éventuelle rencontre avec Mojtaba Khamenei à un accord de paix, alors que l’Iran traverse une succession tendue après la mort de l’ayatollah Ali Khamenei.

Dans une déclaration inattendue, Donald Trump a affirmé jeudi qu’il serait « honoré » de rencontrer le nouveau guide suprême iranien, l’ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei, si un accord de paix venait à être conclu. « Je ne souhaite pas le rencontrer, mais si cela arrive, je serais honoré. J’aimerais voir si nous pouvons parvenir à un accord », a-t-il confié aux journalistes à la Maison-Blanche, selon des propos rapportés par l’agence argentine Noticias Argentinas. Le président américain, tout en reconnaissant une inimitié personnelle, a qualifié Mojtaba Khamenei de « professionnel », soulignant qu’il bénéficiait d’une « très bonne réputation dans certains cercles ».
Ces propos interviennent dans un contexte régional explosif. L’Iran a récemment connu un bouleversement majeur avec l’élection de Mojtaba Khamenei à la tête de l’État par l’Assemblée des experts, suite à la mort de son père, l’ayatollah Ali Khamenei, dans une frappe attribuée à Israël et aux États-Unis le 28 février dernier. Téhéran, qui qualifie cet acte d’« assassinat lâche », a rapidement organisé la succession, marquant une volonté de stabilité intérieure. Cet héritage pèse sur les relations avec Washington, déjà minées par la dénonciation de l’accord nucléaire de 2015 et le renforcement des sanctions.
La couverture médiatique de cette ouverture diplomatique révèle des prismes divergents. En Amérique latine, la presse reprend les propos de Trump sans commentaire supplémentaire, se concentrant sur le fait brut. En Asie du Sud-Est, des médias comme CNN Indonesia, citant l’agence Anadolu, insistent sur l’incertitude affichée par le président américain, qui a reconnu n’avoir « pas entendu grand-chose à ce sujet » et n’a pu dire si une rencontre était probable. Du côté iranien, l’agence semi-officielle Mehr News met en avant le « changement de ton notable » de Washington, tout en rappelant que l’ascension de Mojtaba Khamenei est née d’un deuil national et d’une condamnation des frappes occidentales.
Cette main tendue, même prudente, pourrait signaler un frémissement diplomatique après des mois de tensions extrêmes. Toutefois, les obstacles demeurent considérables : la méfiance réciproque, les exigences américaines sur le programme nucléaire et balistique iranien, et la rhétorique anti-impérialiste solidement ancrée à Téhéran. Une éventuelle rencontre dépendra moins des déclarations publiques que de la reprise de canaux de négociation discrets, peut-être via des médiateurs européens ou régionaux. L’avenir de ce dialogue esquissé dépendra de la capacité des deux camps à transformer un geste symbolique en concessions tangibles.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Trump se dit honoré de rencontrer le nouveau Guide iranien, élu après le martyre de son père dans une lâche frappe américano-israélienne. La République islamique reçoit cette ouverture comme un hommage contraint à sa résilience et inscrit l’épisode dans la longue histoire de la résistance face à l’agression occidentale.
Malgré la disposition de Trump à une rencontre, les négociations avec Téhéran piétinent et la trêve fragile entre Israël et le Liban, jugée indispensable pour faciliter les pourparlers, a déjà volé en éclats. La dégradation du contexte régional nourrit un fort scepticisme quant à une conclusion d’accord.
Trump se déclare prêt à rencontrer l’ayatollah Khamenei à condition qu’un accord soit trouvé, et les négociations avancent bien : un arrangement pourrait intervenir dès ce week-end. La narration reste posée, sans dramatisation, se contentant de relever l’ouverture pragmatique du président américain.
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