Trump refuse de clarifier l’avenir du fonds ‘anti-instrumentalisation’ de 1,8 milliard
Malgré l’annonce par son administration de l’abandon du projet, le président américain laisse planer le doute sur le sort de ce fonds, tout en multipliant les attaques contre la presse.

Donald Trump a de nouveau semé la confusion, mercredi, quant à l’avenir du fonds dit « anti-instrumentalisation » de 1,8 milliard de dollars. Interrogé dans le Bureau ovale par la correspondante de CNN Kaitlan Collins, il a refusé de dire si ce dispositif était définitivement enterré ou simplement suspendu, se contentant de répondre : « Il faudrait que je demande aux avocats, je ne sais pas. » Une déclaration en contradiction flagrante avec l’engagement pris la veille par son propre procureur général par intérim, Todd Blanche, qui avait annoncé renoncer à ce fonds. Celui-ci, officiellement destiné à indemniser les personnes s’estimant victimes de persécutions judiciaires, avait été temporairement bloqué par un juge fédéral.
Cette énième volte-face s’inscrit dans un climat de tensions exacerbées entre le président et la presse. S’adressant à la journaliste de CNN, M. Trump a employé un ton d’une rare virulence, lui intimant de se taire et l’accusant d’avoir « la haine dans les yeux ». Selon la presse européenne, cette attaque, teintée de sexisme, s’ajoute à une longue série d’invectives visant des femmes reporters. La chaîne américaine a défendu sa journaliste, la qualifiant de « professionnelle d’exception », tandis que des confrères de divers pays exprimaient leur solidarité. Du côté du monde arabe, l’échange a été largement relayé, illustrant une hostilité devenue chronique envers les médias critiques.
L’incertitude entretenue par le président n’est pas sans conséquences politiques. De nombreux participants à l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021 continuent d’espérer des compensations, en empruntant d’autres voies judiciaires. Un avocat a ainsi déclaré à la presse américaine son intention de déposer des réclamations pour environ 400 clients, avec des demandes dépassant le million de dollars par personne. M. Trump lui-même a semblé appuyer ces démarches lors d’un récent podcast, alimentant le sentiment que le fonds était en réalité un instrument de rétribution politique.
Au-delà des États-Unis, la presse européenne et canadienne francophone voit dans cet épisode un nouvel exemple de la stratégie trumpienne de l’ambiguïté, conjuguée à une remise en cause des contre-pouvoirs. Le fonds, critiqué jusque dans les rangs républicains, apparaît comme un symbole des dérives autoritaires que redoutent les chancelleries occidentales. Alors que l’administration tente de minimiser le recul en évoquant des désaccords juridiques, le maintien délibéré du flou par le locataire de la Maison Blanche suggère que ce dossier reste un outil de mobilisation pour sa base électorale. Les prochains mois judiciaires et politiques diront si ce fonds ressurgira, sous une forme ou une autre, à l’approche des échéances électorales.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Le président Trump a vertement attaqué une journaliste de CNN qui lui demandait si le fonds de 1,8 milliard de dollars avait été annulé ou seulement suspendu. Il a qualifié cette initiative controversée de 'belle chose' et s'en est pris aux médias 'trompeurs', les accusant d'avoir maltraité les Américains, sans jamais dire clairement si le fonds était définitivement abandonné.
L'administration Trump a fait marche arrière sans tambour ni trompette sur le fonds de 1,8 milliard, une décision qui s'ajoute à un chapelet de scandales économiques impliquant le président et sa famille. Accords fiscaux douteux, prêts irréguliers, contrats attribués sans appel d'offres : le fonds abandonné n'est que le dernier avatar d'une cascade de révélations embarrassantes.
Alors que le procureur général par intérim a annoncé l'abandon du fonds de 1,8 milliard, le président Trump a refusé de confirmer sa fin définitive, parlant d'une 'très belle chose' et renvoyant à ses avocats. Ces signaux contradictoires suscitent des critiques des deux côtés de l'échiquier, tandis que des inculpés du 6 janvier continuent de chercher des dédommagements par d'autres voies légales.
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