Trump durcit le ton avec l’Iran malgré des concessions affichées
Donald Trump a renvoyé à Téhéran un projet d’accord aux conditions durcies sur le transfert d’uranium et la réouverture du détroit d’Ormuz, tout en affirmant que Téhéran renonçait à l’arme nucléaire.

L’optimisme affiché par Donald Trump au sujet des garanties nucléaires iraniennes masque une réalité diplomatique plus heurtée. Dans un entretien accordé à Fox News, le président américain a assuré que Téhéran avait accepté de ne pas développer l’arme atomique, une concession majeure à ses yeux. Pourtant, presque simultanément, la Maison-Blanche renvoyait aux négociateurs iraniens un projet de mémorandum d’entente profondément remanié, aux conditions plus strictes. Selon des sources américaines, le locataire de la Maison-Blanche, réuni vendredi en Situation Room, a exigé des clarifications sur le transfert des stocks iraniens d’uranium enrichi vers les États-Unis et sur le calendrier de réouverture du détroit d’Ormuz, bloqué depuis le début du conflit ayant éclaté le 28 février dernier avec des frappes américano-israéliennes.
Le texte initial, fruit de semaines de pourparlers, se bornait à un engagement iranien de ne pas rechercher l’arme nucléaire, sans mécanisme de vérification précis, et prévoyait une période de soixante jours pour négocier des limitations plus détaillées en échange d’une levée partielle des sanctions. Mais Donald Trump, irrité par la lenteur de la réponse de Téhéran et soucieux de ne pas répéter ce qu’il considère comme les erreurs de l’accord de 2015 – notamment le dégel d’avoirs iraniens –, a choisi de durcir sa position. D’après la presse russe, ces nouvelles exigences visent à acculer l’Iran afin qu’il accepte le cadre antérieur, jugé plus favorable à Washington. Les amendements porteraient en particulier sur les modalités concrètes de livraison du combustible nucléaire et la rédaction de la clause relative à la liberté de navigation dans le détroit stratégique.
Du côté iranien, la prudence est de mise. Les médias persans confirment que le guide suprême, Mojtaba Khamenei, examine le document révisé, tandis que des critiques s’élèvent aux États-Unis même, où certains analystes qualifient le projet de « défaite totale » pour le président. Dans le monde arabe, on souligne le rôle discret de médiateurs régionaux, notamment le Pakistan, pour maintenir le dialogue. Les chancelleries européennes, de leur côté, observent avec inquiétude ces atermoiements qui retardent une désescalade pourtant urgente. La guerre au Moyen-Orient, ponctuée d’escarmouches et de rhétorique incendiaire, perturbe les approvisionnements pétroliers mondiaux depuis le minage du détroit d’Ormuz. Un échec des négociations pourrait embraser davantage une région déjà instable.
Alors que les échanges se poursuivent à distance, l’horizon d’une signature reste flou. « Il y aura un accord, mais son imminence dépendra de la volonté du président », a confié un haut responsable américain. Ces derniers développements témoignent d’une négociation sous haute tension, où chaque concession est âprement disputée, et où le sort du programme nucléaire iranien se mêle aux impératifs de sécurité énergétique mondiale.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
La presse israélienne, axée sur la sécurité, a rapporté que l'exigence de Trump de conditions plus strictes dans l'accord avec l'Iran est une étape nécessaire pour combler les lacunes. L'accent est mis sur l'assurance du retrait de l'uranium enrichi et sur un mécanisme de vérification robuste. Ceci est présenté comme une insistance prudente sur des garanties concrètes avant toute signature, reflétant une méfiance profonde envers Téhéran.
Les médias du régime iranien ont présenté les amendements de Trump comme un signe de non-fiabilité américaine et une tentative de déplacer les poteaux. Les rapports soulignent que le président américain revient sur les accords, provoquant retards et incertitude. En mentionnant la critique par Trump du dégel des avoirs sous Obama, ils suggèrent un schéma de promesses non tenues, présentant Téhéran comme la partie cherchant un accord stable.
Les médias russes proches de l'État dépeignent le durcissement des conditions par Trump comme une tactique de pression sur Téhéran, visant à accélérer les négociations à des conditions favorables. La couverture adopte un ton sceptique et détaché, notant l'absence de détails sur les changements spécifiques tout en soulignant les inquiétudes de Trump concernant le dégel des avoirs. Ceci est présenté comme la continuation d'une posture de négociation dure américaine, avec une pointe d'ironie étant donné les critiques passées de Trump envers Obama.
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