Trêve américano-iranienne : le pétrole plonge et les marchés asiatiques respirent
Un projet d’accord, encore soumis à l’approbation de Donald Trump, laisse entrevoir une détente dans le Golfe et une réouverture du détroit d’Ormuz, provoquant un net recul des cours du brut.

Les cours du pétrole ont enregistré leur plus forte baisse hebdomadaire depuis avril, le Brent cédant 10,5 % et le WTI 9,2 %, à la suite d’informations faisant état d’un accord entre Washington et Téhéran pour prolonger de soixante jours le cessez-le-feu au Proche-Orient. Ce mémorandum, qui lèverait les restrictions sur la navigation dans le détroit d’Ormuz, n’a toutefois pas encore reçu l’aval du président américain, et les médias d’État iraniens se sont abstenus de confirmer tout arrangement définitif.
La perspective d’une désescalade dans cette voie stratégique par où transite un cinquième du commerce pétrolier mondial a immédiatement détendu les places financières asiatiques. L’indice MSCI Asie-Pacifique a progressé de 0,7 %, tandis que les Bourses de Bombay, tirées par les valeurs technologiques, ont vu le Sensex bondir de plus de 350 points. En Inde, troisième importateur mondial de brut, l’espoir d’une stabilisation des prix du carburant a été particulièrement bien accueilli, alors que le pays est exposé à la volatilité des cours.
Cette embellie reste néanmoins fragile. Des signaux contradictoires ont marqué les heures précédentes : l’armée américaine a mené des frappes nocturnes contre un site militaire iranien, et les Gardiens de la révolution ont riposté, rappelant que les hostilités ne sont pas éteintes. Le vice-président J. D. Vance a reconnu que les deux pays étaient « proches d’un accord mais pas encore au stade final », tempérant ainsi l’optimisme. Les analystes, cités par la presse économique, estiment que la prime de risque géopolitique pourrait continuer à se dégonfler à court terme, mais que le rétablissement de la production pétrolière, après les destructions d’infrastructures, sera progressif.
Pour les économies dépendantes des importations, d’Afrique subsaharienne en Europe, une trêve durable soulagerait les pressions inflationnistes et relancerait les échanges. Mais les négociations sur le nucléaire iranien, pierre d’achoppement des pourparlers, pourraient encore faire dérailler le processus. Dans l’immédiat, les marchés oscillent entre l’espoir d’un apaisement et la réalité d’un conflit qui, en trois mois, a fait passer le baril de 109 à 87 dollars.
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