Smartphones et enfants : la Suède et Singapour appellent les parents à agir
L’agence suédoise de santé publique recommande des zones sans téléphone à la maison, tandis que Singapour lance une campagne nationale pour des habitudes numériques saines dès le plus jeune âge.

En Suède, l’agence de santé publique (Folkhälsomyndigheten) a émis lundi de nouvelles recommandations invitant les parents à délaisser leurs smartphones en compagnie de leurs enfants et à instaurer des « zones sans mobile » dans les foyers, notamment dans les chambres ou à table. Cette initiative, rapportée par plusieurs médias suédois, fait suite à une enquête gouvernementale menée depuis l’automne dernier sur l’impact du temps d’écran des adultes sur la santé des plus jeunes. « Si les parents ont un temps d’écran élevé, les enfants aussi, plus souvent », a souligné Helena Frielingsdorf, psychiatre et enquêtrice à l’agence, citée par TV4.
Les réactions en Suède semblent positives. À Karlstad, des parents interrogés par Sveriges Television se sont dits favorables à ces conseils, à l’image de Marcus Eliasson, qui avoue « facilement se laisser happer par l’écran ». Certaines familles appliquent déjà des règles similaires, comme l’absence de téléphone durant les repas. Les recherches évoquées par les autorités suédoises mettent en évidence une corrélation entre la forte utilisation parentale des écrans et des troubles du lien d’attachement, un retard de langage ou des comportements agressifs chez l’enfant. Selon le ministre des Affaires sociales, Jakob Forssmed, l’enjeu est aussi celui de l’inconscience des adultes : « Je ne pense pas que l’on mesure à quel point cela affecte les enfants. »
Cette préoccupation dépasse les frontières scandinaves. En Asie du Sud-Est, le Premier ministre singapourien Lawrence Wong a lancé, le 1er juin, le programme « Screen Smart From The Start » (Habitudes numériques intelligentes dès le départ). Destiné à aider les parents à gérer les activités numériques des tout-petits, il propose un portail de conseils, « Be Screen Smart ». Cette campagne nationale illustre une prise de conscience grandissante : de l’Europe à l’Asie, les pouvoirs publics passent des mises en garde générales à des directives concrètes pour enrayer ce que beaucoup qualifient de fléau silencieux.
Si les contextes diffèrent, la philosophie est commune : c’est d’abord en modifiant le comportement des adultes que l’on protégera les jeunes générations. Les experts soulignent la puissance addictive des algorithmes et la facilité avec laquelle on se laisse piéger. Les initiatives suédoise et singapourienne pourraient inspirer d’autres pays, notamment en Europe francophone où le débat sur l’exposition des mineurs aux écrans est vif. Reste à transformer ces recommandations en habitudes durables, un défi qui relève autant de la responsabilité individuelle que de politiques publiques ambitieuses.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
L’agence de santé publique suédoise a recommandé aux parents de ranger leur téléphone en présence de leurs enfants, s’appuyant sur des recherches montrant des effets négatifs sur l’interaction, le développement du langage et l’attachement. Les médias locaux rapportent cette consigne de façon sobre et factuelle, en incluant des réactions du public et l’idée de zones sans portable à la maison.
Le Premier ministre singapourien a lancé la campagne nationale « Screen Smart From The Start » pour lutter contre la dépendance aux écrans chez les jeunes enfants. Les reportages présentent cette action comme une intervention urgente au plus haut niveau pour sauver les enfants, appelant les parents à agir sans attendre pour des habitudes numériques plus saines.
L’agence de santé suédoise demande simplement aux parents de ranger leur téléphone pour montrer l’exemple aux enfants. La dépêche succincte présente cette exigence comme une règle simple, presque paternaliste, dépourvue de contexte ou de débat.
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