Ebola : fausses alertes au Brésil, entre protocoles sanitaires et risque pandémique
La Fiocruz a écarté les soupçons d’Ebola pour un patient belge venu d’Ouganda, tandis qu’un second cas suscite l’inquiétude à São Paulo. Récit d’une mobilisation sanitaire sous tension.

Alors que l’épidémie d’Ebola continue de sévir en Afrique centrale, avec plus d’un millier de cas suspects et 246 décès recensés par l’Union africaine, le Brésil a été le théâtre de deux alertes sanitaires ce week-end, illustrant la fébrilité des systèmes de veille face à une possible importation du virus. L’Institut national d’infectiologie Evandro Chagas (Fiocruz) de Rio de Janeiro a finalement écarté, dimanche 31 mai, la contamination par le virus Ebola d’un patient belge arrivé d’Ouganda, tandis qu’un second cas, un homme originaire de la République démocratique du Congo, restait en observation à São Paulo.
Le premier patient, hospitalisé samedi soir à Rio pour toux, frissons et diarrhées, a immédiatement été placé en isolement strict. Les analyses de sang, d’urine et de salive se sont révélées négatives pour Ebola, mais positives pour le paludisme, une confusion diagnostique classique dans les zones tropicales. Selon les autorités brésiliennes, cet homme, de nationalité belge, avait voyagé depuis Johannesburg jusqu’à Guarulhos, puis rejoint Rio en autocar, un itinéraire qui souligne les lacunes de la surveillance aux points d’entrée aériens. Cinq personnes résidant dans le même logement à Vila Isabel ont été placées sous monitoring, sans symptômes pour l’instant.
À São Paulo, un autre patient, en provenance de Kinshasa, présentait une fièvre et des signes neurologiques graves attribués à une méningite sévère. Des examens complémentaires sont en cours pour exclure formellement le virus Ebola. Ce cas, bien que moins médiatisé, rappelle que la République démocratique du Congo est, avec l’Ouganda, l’un des épicentres de la flambée actuelle. La presse européenne, notamment le quotidien suédois Aftonbladet, a d’ailleurs mis l’accent sur cette double alerte, soulignant la dimension transcontinentale du risque épidémique.
Au-delà du soulagement ponctuel, ces fausses alertes révèlent la tension permanente des dispositifs de biosécurité dans un monde interconnecté. Le Brésil, qui a déjà connu des psychoses similaires lors de l’épidémie ouest-africaine de 2014, applique depuis des protocoles stricts de détection précoce, portés par la Fiocruz. Toutefois, la circulation d’un citoyen européen depuis l’Ouganda via l’Afrique du Sud jusqu’au Brésil, en passant par des transports publics, expose les failles de la coordination sanitaire internationale. Alors que l’Organisation mondiale de la santé maintient l’Ebola comme une urgence de santé publique de portée internationale, la vigilance reste de mise, et chaque symptôme fébrile chez un voyageur devient un cas suspect jusqu’à preuve du contraire.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Un voyageur venant d'Ouganda a été placé en isolement à Rio pour suspicion d'Ebola, mais les analyses ont vite écarté le virus et confirmé un diagnostic de paludisme. Les autorités sanitaires brésiliennes ont appliqué avec rigueur le protocole, démontrant la réactivité du dispositif.
Deux cas suspects d'Ebola, venant d'Ouganda et de RDC, ont été isolés au Brésil alors que l'épidémie en République démocratique du Congo dépasse les 1000 infections et près de 250 décès, ravivant les craintes d'une propagation mondiale. Un des patients a été testé négatif et souffre de paludisme, mais la vigilance demeure.
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