Sénégal : le parti au pouvoir boycotte le gouvernement, l’accord avec le FMI en péril
Le Pastef d’Ousmane Sonko refuse de participer au nouvel exécutif nommé par le président Faye, aggravant les incertitudes politiques et menaçant les négociations avec le Fonds monétaire international.

Lundi 31 mars, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a dévoilé un gouvernement de 30 membres, à peine dix jours après avoir limogé le premier ministre Ousmane Sonko. Quelques heures plus tôt, M. Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale, avait annoncé que son parti, le Pastef, pourtant majoritaire au Parlement, n’y participerait pas. « Des points de désaccord » ont émergé sur le rôle futur du parti, a-t-il déclaré sur le réseau X, souhaitant « plein succès à la nouvelle équipe ». Cette rupture consacre la mésentente entre les deux hommes, alliés historiques portés au pouvoir il y a un an sur la promesse de rupture avec le système en place.\n\nLe nouveau premier ministre, l’économiste chevronné Ahmadou Al Aminou Lo, a maintenu Cheikh Diba au poste stratégique des Finances, un signal envoyé aux créanciers et aux marchés. La presse ouest-africaine y voit une tentative de préserver la crédibilité du pays alors que se négocie un nouveau programme d’aide avec le Fonds monétaire international (FMI). Le Sénégal, confronté à une crise financière aiguë, doit convaincre l’institution de Washington de la viabilité de ses engagements. Or le retrait du Pastef du gouvernement, qui prive l’exécutif d’un soutien parlementaire direct, pourrait compliquer l’adoption des réformes exigées par le FMI, notamment fiscales et budgétaires.\n\nLes médias francophones rappellent que les tensions entre le président et son ancien premier ministre couvaient depuis des mois, alimentées par des divergences sur la conduite de l’exécutif et le partage des prérogatives. Le limogeage de M. Sonko, le 24 mars, avait déjà ouvert une période d’incertitude politique dans un pays en quête de stabilité après des années de crise sociale. De son côté, la presse arabophone souligne la dimension technocratique du nouvel attelage gouvernemental, composé en majorité de personnalités extérieures au sérail partisan, comme pour marquer une recentralisation du pouvoir autour du chef de l’État.\n\nÀ plus long terme, ce divorce au sommet de l’État pourrait paralyser la mise en œuvre de l’agenda de transformation promis par le duo Faye-Sonko. Si le Pastef décidait de voter systématiquement contre les projets de loi gouvernementaux, le pays risquerait une crise institutionnelle, voire une dissolution de l’Assemblée. L’enjeu est d’autant plus sensible que les négociations avec le FMI doivent aboutir avant l’été pour éviter un défaut de paiement. L’isolement politique de Bassirou Diomaye Faye, combiné à la pression des bailleurs, dessine un horizon chargé d’incertitudes pour la jeune démocratie sénégalaise.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
La rupture entre le président Faye et l'ancien premier ministre Sonko plonge le Sénégal dans le chaos politique, menaçant les négociations avec le FMI. Le nouveau gouvernement exclut le parti majoritaire, aggravant la crise de la dette.
Le président sénégalais forme un gouvernement sans le parti de Sonko, qui annonce un boycott. Une période d'incertitude politique s'ouvre dans un pays déjà en proie à une grave crise financière.
Un nouveau gouvernement voit le jour au Sénégal, marqué par l'absence du parti majoritaire Pastef. L'exécutif à dominante technocratique représente une restructuration du paysage politique et une évolution notable.
Cette actualité est parue dans
6 sources · 3 langues · fenêtre 24 h