Scandales sexuels au Congrès : deux élus jettent l’éponge, la Californie en émoi
La démission du démocrate Eric Swalwell après des accusations d’agressions sexuelles bouleverse la course au poste de gouverneur en Californie, tandis que la chute simultanée du républicain Tony Gonzales révèle une crise institutionnelle bipartisan.

La carrière politique d’Eric Swalwell s’est effondrée en un week-end. Ancien procureur lors de la seconde destitution de Donald Trump et candidat à la présidence en 2020, le représentant démocrate de Californie a annoncé lundi sa démission du Congrès, quelques heures après avoir suspendu sa campagne pour le poste de gouverneur. Quatre femmes, dont une ancienne collaboratrice, l’accusent d’agression sexuelle, de viol alors qu’elle était ivre dans un hôtel new-yorkais, et d’envoi de messages et photos explicites. Tout en niant les faits les plus graves, Swalwell a reconnu des « erreurs de jugement » et s’est dit « profondément désolé ». Le procureur de Manhattan a ouvert une enquête, et la commission d’éthique de la Chambre a lancé sa propre investigation, précise la presse européenne.
Sur le plan politique, la déflagration est majeure pour les démocrates californiens. Swalwell était donné en tête des sondages dans une course déjà marquée par l’apathie des électeurs et une multiplication de candidatures aux faibles notoriétés. Son retrait, qualifié de « casse-tête inattendu » par le quotidien suisse Le Temps, plonge le parti dans le chaos : les analystes américains évoquent un possible affrontement général où les républicains pourraient exclure les démocrates si ces derniers ne coordonnent pas leurs efforts. Les grands donateurs s’affolent, et l’ex-représentante Katie Porter comme le milliardaire Tom Steyer apparaissent désormais en position de force pour capter l’héritage électoral.
L’onde de choc dépasse la côte Ouest. Les médias asiatiques, à l’image du South China Morning Post, rappellent que Swalwell fut l’un des adversaires les plus acharnés de Trump, et sa chute résonne jusqu’à Hong Kong. La presse australienne souligne le caractère bipartisan de la crise : le même jour, le républicain texan Tony Gonzales a annoncé son départ du Congrès après avoir reconnu une liaison avec une collaboratrice qui s’est ensuite suicidée. Menacé d’expulsion, il a plaidé, comme Swalwell, l’impossibilité de poursuivre son mandat dans de telles conditions. Cette juxtaposition des scandales, traitée par l’Australian Broadcasting Corporation, donne l’image d’une institution sous le choc de ses propres dérives.
La dimension personnelle alourdit le bilan. Le sénateur Ruben Gallego, ami proche de Swalwell, a publiquement pris ses distances, déclarant n’avoir « aucune connaissance des allégations » et que les femmes « méritent d’être crues ». Une influenceuse ayant témoigné contre le représentant a vu son mari, Adam Parkhomenko, menacer de nouvelles poursuites si Swalwell tentait de la discréditer, rapporte la presse indienne. En Allemagne, le Tages-Anzeiger rappelle que l’élu avait brigué l’investiture présidentielle démocrate, renforçant le sentiment d’un destin brisé.
Pour l’avenir immédiat, les deux démissions déclencheront des élections partielles dans des circonscriptions où les majorités à la Chambre sont fragiles. En Californie, la recomposition du camp démocrate s’annonce brutale, et l’hypothèse d’un retour de Kamala Harris, poussée par certaines voix médiatiques, agite les commentateurs. La perspective inédite d’une Californie gouvernée par un républicain, même improbable, suffit à illustrer l’ampleur de la secousse : un scandale individuel devient le symptôme d’une fragilité structurelle pour un parti qui dominait sans partage l’État le plus peuplé des États-Unis.
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