Le premier ministre canadien Mark Carney arrache la majorité absolue grâce aux élections partielles
Les libéraux remportent deux sièges à Toronto, franchissant le seuil des 172 députés. Cette majorité, acquise après des défections et des partielles, offre à Carney les coudées franches jusqu’en 2029.

Mark Carney a obtenu lundi soir une majorité parlementaire que lui refusaient les urnes depuis son arrivée au pouvoir, il y a un an. Les victoires sans surprise des candidats libéraux dans les circonscriptions torontoises de Scarborough-Sud-Ouest et d’University-Rosedale, conjuguées aux récentes défections de députés conservateurs, portent le Parti libéral à 173 sièges sur 343 à la Chambre des communes, au-delà du seuil fatidique de 172 [A1][A3]. La troisième élection partielle, à Terrebonne au Québec, où le Bloc québécois livrait une bataille serrée, n’avait pas encore livré ses résultats [A5][A8]. Dès la fermeture des bureaux de vote, les médias canadiens, de CBC au Globe and Mail, projetaient la majorité gouvernementale [A3][A10].
Ce basculement n’est pas seulement le fruit du scrutin. Il couronne une stratégie d’attraction de transfuges qui a vu, ces derniers mois, cinq élus de l’opposition rejoindre les rangs libéraux, dont la dernière, la conservatrice Marilyn Gladu, la semaine précédant le vote [A3][A12]. La presse anglophone s’en fait l’écho : Peter MacKay, figure historique du Parti conservateur, a dénoncé ces défections comme un « coup dur » et un procédé « moralement répugnant » [A4]. Pourtant, elles ont permis à Mark Carney de gouverner comme s’il disposait déjà d’une majorité, rompant avec les compromis permanents qui caractérisaient les législatures minoritaires depuis 2019, lorsque Justin Trudeau devait composer avec le NPD [A6].
Du côté québécois, Le Devoir observe que ces gains électoraux ont été accueillis avec une indifférence à peine masquée, y compris lors du rassemblement libéral organisé dans un centre commercial de Terrebonne, où les résultats entraient au compte-goutte [A8]. Pourtant, la presse européenne, notamment le quotidien suisse Le Temps, replace cette majorité dans un contexte économique tendu : l’ancien banquier central doit désormais accélérer les réformes pour une économie menacée par les États-Unis [A7]. En Asie, le South China Morning Post y voit un renforcement de l’emprise de Carney sur le pouvoir, avec la possibilité de légiférer sans entrave jusqu’en 2029 [A13].
L’horizon reste cependant semé d’embûches. Si le Parti libéral dispose désormais d’une marge étroite mais suffisante, l’issue du scrutin de Terrebonne pourrait élargir cette marge ou, au contraire, rappeler la fragilité de l’édifice [A5][A8]. Les analystes de la presse canadienne anticipent un Carney « sans entraves » qui pourrait concrétiser son agenda législatif sans négocier avec l’opposition, mais aussi sans filet si le vent politique venait à tourner [A6][A12]. La défense du pays, en dépit des déclarations d’Ottawa sur les dépenses à hauteur de 2 % du PIB, reste, selon certains éditorialistes, un chantier en désordre, rappelant que la solidité parlementaire ne fait pas tout [A2].
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