Répression à Herat : deux morts lors d’une manifestation contre l’arrestation de femmes par les talibans
Arrestation massive de femmes à Herat par la police des mœurs, manifestation réprimée dans le sang : un cycle de peur et de violence qui met en lumière l’impuissance internationale face au régime taliban.

Le 9 juin, à Herat, dans l’ouest de l’Afghanistan, des dizaines d’hommes et de femmes ont manifesté contre l’arrestation, par la police des mœurs talibane, d’au moins 30 femmes accusées de ne pas porter le chador ou la burqa. La répression a fait au moins deux morts, dont un enfant, et plus de 20 blessés, selon l’ONU Femmes et plusieurs médias internationaux. Des témoins oculaires, cités par la presse australienne, ont vu les forces de sécurité ouvrir le feu sur une foule de 100 à 150 personnes, tandis que Radio Farda, média persan, précise que l’opération était menée par la police de la Propagation de la Vertu et de la Prévention du Vice.
Depuis leur retour au pouvoir en 2021, les talibans imposent un code vestimentaire strict, renforcé par cette police religieuse. Les arrestations à Herat, bien que certaines détenues aient été libérées après coup selon Sky News Arabia, s’inscrivent dans une politique systématique d’effacement des femmes de l’espace public. L’agence ONU Femmes dénonce un « climat de peur et d’appréhension » croissant parmi les femmes et les filles à travers le pays, une inquiétude partagée par la presse israélienne et brésilienne.
La condamnation internationale a été immédiate : dix experts indépendants des Nations unies ont dénoncé une violence injustifiable. Pourtant, les réactions restent clivées. Si les capitales occidentales – et notamment l’Union européenne, qui a érigé la défense des droits des femmes en axe de sa politique étrangère – ont exprimé leur indignation, la plupart des pays musulmans, y compris ceux entretenant des liens diplomatiques avec Kaboul, sont restés silencieux. Cette asymétrie souligne l’isolement croissant du régime taliban et la difficulté d’une pression coordonnée.
L’affaire de Herat illustre l’impasse dans laquelle se trouve la communauté internationale : les canaux de négociation avec les talibans, notamment via Doha, n’ont produit aucune avancée tangible sur les droits humains. Alors que l’Afghanistan s’enfonce dans une crise humanitaire, la répression des femmes devient un marqueur politique central. Sans véritable levier économique ou diplomatique, les condamnations verbales risquent de rester sans effet, condamnant des millions d’Afghanes à une vie sous contrôle permanent. La question se pose désormais de savoir si les nouvelles générations de talibans, pragmatiques sur le plan commercial, accepteront un jour de réviser leurs positions idéologiques.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Continental European coverage blends two narratives: the secret, daring rescue operation of Afghan women cyclists from Taliban rule, and the strong UN condemnation of the recent violent crackdown on women's protests in Herat. The rescue is portrayed as an incredible feat, while the crackdown is framed as a serious human rights violation.
The Atlantic press highlights the deadly consequences of Taliban dress code enforcement, reporting two deaths during protests against the arrest of dozens of women. The tone is urgent and accusatory, emphasizing the violence and UN criticism.
Gulf Arab media report the arrests of 30 women for violating hijab rules, focusing on the fear and anxiety this has caused among Afghan women. The coverage is factual but conveys the gravity of the situation, citing UN Women's statements.
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