Phosphore blanc au Liban : Israël face aux accusations et aux appels à enquête
Des révélations sur l’utilisation de munitions incendiaires dans des zones civiles libanaises suscitent une condamnation mondiale et relancent le débat sur le droit humanitaire.

Les révélations sur l’usage présumé par Israël de munitions au phosphore blanc dans le sud du Liban ont provoqué une vague d’indignation internationale et relancé le débat sur le respect du droit humanitaire. Selon une enquête du New York Times, corroborée par des organisations humanitaires et des experts indépendants, l’armée israélienne a utilisé ces projectiles incendiaires à plusieurs reprises dans des zones densément peuplées, notamment à Nabatieh, cité de 40 000 habitants, ainsi qu’à Tyr et dans les villages de Qlayaa, Khiam et Yohmor. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, en particulier celles de la chaîne Al Jazeera le 30 mai dernier, montrent des traînées de fumée caractéristiques de cette substance, qui s’enflamme spontanément au contact de l’air et provoque des brûlures chimiques extrêmement graves.
Sur le plan technique, les médias brésiliens et américains précisent que les projectiles utilisés seraient de type M825A1, des obus d’artillerie de 155 mm de fabrication américaine, conçus pour disperser 116 fragments imprégnés de phosphore. Bien que le phosphore blanc ne soit pas interdit en soi par le droit international, son emploi contre des civils ou dans des zones habitées est prohibé par le Protocole III de la Convention sur certaines armes classiques, que de nombreux États, dont la France et d’autres pays francophones, ont ratifié. Les risques pour les populations sont d’autant plus élevés que les incendies déclenchés par cette arme sont quasiment impossibles à éteindre et que les résidus toxiques contaminent durablement l’environnement.
La couverture médiatique de cette affaire révèle des prismes géopolitiques contrastés. La presse américaine, à l’origine des révélations, insiste sur la vérification méthodique des preuves et le contexte opérationnel – l’État hébreu a intensifié ses frappes contre le Hezbollah après une attaque conjointe américano-israélienne en Iran fin février et une reprise des tirs du mouvement chiite en mars. Les médias russes, citant le New York Times, soulignent que les autorités israéliennes nient tout recours à cette substance et que l’objectif militaire de ces tirs demeure inconnu. Dans le monde musulman et au sein des pays du Sud global, la tonalité est nettement plus accusatoire : des organes indonésiens, par exemple, évoquent une « preuve irréfutable » et annoncent l’ouverture probable d’une enquête pour violation flagrante du droit humanitaire, certains allant jusqu’à qualifier l’armée israélienne de « sioniste ».
Cette controverse intervient alors qu’un cessez-le-feu entre Israël et le Liban aurait été conclu mercredi, selon la radio publique américaine NPR, sans que l’on sache si ces révélations en compromettront la mise en œuvre. Au-delà de la condamnation morale, l’affaire pourrait avoir des répercussions juridiques et diplomatiques. Plusieurs ONG internationales et rapporteurs de l’ONU ont déjà réclamé une enquête indépendante. Pour les capitales occidentales, notamment celles de l’Union européenne et du Canada, qui fournissent une partie de l’armement à Israël, la question risque de se poser avec acuité : les transferts d’armes sont-ils compatibles avec les obligations découlant du Traité sur le commerce des armes et du droit humanitaire ? La réponse dépendra de la capacité de la communauté internationale à documenter ces allégations et à traduire les responsabilités devant les instances compétentes, à un moment où le fragile équilibre régional est plus que jamais menacé.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Des analyses vidéo révèlent que l'armée israélienne a utilisé des obus au phosphore blanc dans des zones habitées du sud du Liban. Les traces filmées suggèrent un usage répété, suscitant des questions sur le respect du droit humanitaire en milieu civil.
Le régime sioniste israélien a démontré l'emploi de bombes au phosphore blanc sur les villages libanais, selon les agences humanitaires internationales. Ces actes déclenchent une enquête juridique et mettent au jour la brutalité sioniste envers les civils.
Israël a largué des bombes au phosphore blanc sur des zones habitées du Liban lors d'opérations contre le Hezbollah, selon un quotidien américain. Des spécialistes en armement ont identifié les traînées de fumée typiques de cette substance chimique interdite, dont le pouvoir incendiaire met gravement en danger les populations.
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