Commerce mondial : après un revers judiciaire, Trump relance une guerre tarifaire tous azimuts
Sous couvert de lutte contre le travail forcé et les subventions chinoises, Washington multiplie les menaces de droits de douane contre Brasilia, Hanoï, Bruxelles et soixante autres partenaires, tandis que l’UE s’interroge sur sa riposte.

Après avoir essuyé un revers devant la Cour suprême des États-Unis en février dernier, qui avait invalidé ses droits de douane d’urgence, l’administration Trump a lancé une nouvelle offensive commerciale cette semaine. S’appuyant sur des enquêtes menées au titre de la section 301 de la loi sur le commerce, le représentant américain au commerce (USTR) a recommandé des taxes de 25 % sur les importations brésiliennes, l’ouverture d’investigations sur le Vietnam, et l’imposition de droits additionnels de 10 à 12,5 % visant plus de soixante pays, dont l’Union européenne, au motif de leur insuffisante lutte contre le travail forcé. Parallèlement, Washington a sollicité les entreprises pour définir une nouvelle stratégie commerciale face à la Chine.
Cette salve s’inscrit dans une guerre commerciale durable, que la presse anglo-saxonne analyse comme un choix de cible pertinent mais une stratégie inappropriée. Depuis le « Jour de libération » de l’an dernier, les grandes puissances économiques tentent de contourner l’hégémonie douanière américaine en tissant de nouveaux accords : l’Union européenne a relancé le traité avec le Mercosur, le Canada s’est tourné vers Pékin, et l’Asie du Sud-Est approfondit ses liens avec la Chine. Pourtant, ces espoirs de rebâtir une architecture commerciale ouverte sont probablement vains, car un impératif émerge : contenir le rouleau compresseur exportateur chinois et sa mainmise sur les intrants stratégiques.
Les perspectives régionales divergent. En Amérique latine, le gouvernement Lula espère encore obtenir un recul par le dialogue, malgré le choc des taxes de 25 % suggérées contre le Brésil à l’issue de deux investigations de l’USTR. En Europe, la question du surplus commercial massif de la Chine mobilise les plus hautes sphères de la Commission, réunies fin mai en session confidentielle, comme le rapporte la presse italienne. L’UE doit affûter « dents et griffes », selon un think tank de l’ISPI, pour affronter une double guerre commerciale, à la fois contre Pékin et contre les demandes de Washington. L’arme du travail forcé, avancée par les États-Unis, est toutefois jugée inefficace par les experts et les milieux d’affaires, qui craignent une aggravation des conditions des travailleurs.
L’offensive américaine, relancée sur le fondement juridique de la section 301 après le camouflet de la Cour suprême, traduit une fuite en avant. En ressuscitant des enquêtes sur les subventions chinoises et en menaçant d’étendre les surtaxes, Trump cherche à restaurer son agenda protectionniste. Mais cette approche unilatérale, qui frappe aussi bien des alliés historiques que des puissances rivales, risque d’accélérer la fragmentation d’un système commercial multilatéral déjà vacillant. Elle nourrit un climat d’incertitude dans lequel les pays du Sud, comme le Brésil, tentent de négocier au cas par cas, tandis que les blocs régionaux – Europe, Asie – sont contraints de repenser leurs interdépendances et leur souveraineté industrielle.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
L'Europe doit se préparer d'urgence à une double guerre commerciale et se doter de moyens de défense plus offensifs. Les accusations américaines sur le travail forcé touchent des points sensibles, comme en Suisse, et risquent d'aggraver les tensions commerciales sans résoudre les vrais problèmes.
Les nouveaux droits de douane américains ne résolvent pas le problème du travail forcé, affirment experts et ONG. Plutôt que de lutter contre l'esclavage moderne, ces mesures risquent d'aggraver la situation et de multiplier les obstacles au commerce mondial.
Le gouvernement brésilien garde espoir qu'un dialogue avec l'administration Trump puisse éviter les nouvelles taxes de 25%. Malgré les enquêtes commerciales américaines et les droits proposés, Brasilia estime qu'il reste une marge de manœuvre et mise sur la diplomatie.
Après un revers juridique sur le plan intérieur, Trump a relancé la guerre commerciale avec de nouveaux droits punitifs. L'offensive vise plus de soixante pays sous prétexte de travail forcé et cible le Brésil avec des taxes de 25%, une escalade qui replace les tensions mondiales au premier plan.
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