Nucléaire : la course à la modernisation s’accélère, alerte le SIPRI
Selon le dernier rapport du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), le nombre de têtes nucléaires disponibles pour un usage militaire a augmenté de 131 unités en un an, malgré une légère baisse du stock total.

Le lundi 8 juin, le SIPRI a publié son annuaire 2025 sur l’état des armements. Il en ressort que les neuf puissances nucléaires (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, Inde, Pakistan, Corée du Nord et Israël) poursuivent activement la modernisation et l’expansion de leurs arsenaux. L’institut estime le stock mondial à 12 187 ogives en janvier 2026, dont environ 9 745 sont entreposées dans des dépôts militaires prêts à l’emploi, soit 131 de plus que l’année précédente. Si le total global affiche un léger recul en raison du démantèlement d’armes anciennes, le nombre de têtes déployées ou prêtes à l’être est en hausse, inversant la tendance au désarmement qui prévalait depuis la fin de la guerre froide.
Les médias européens, comme le quotidien espagnol La Vanguardia et le français Le Figaro, soulignent avec inquiétude que cette dynamique s’accompagne d’une fragilisation des systèmes de contrôle des armements. La rivalité croissante entre grandes puissances, exacerbée par la guerre en Ukraine, conduit à une érosion des traités bilatéraux, à l’instar de New START. Dans le même temps, des États comme la Chine, l’Inde ou le Pakistan développent de nouveaux vecteurs, augmentant les risques d’escalade. La presse russe, citée par l’agence Interfax, insiste quant à elle sur l’ampleur de ces programmes de modernisation, sans toutefois s’apesantir sur les dangers.
Les réactions internationales varient selon les perspectives régionales. Pour les chancelleries européennes, ce rapport rappelle la nécessité de maintenir un dialogue stratégique avec Moscou et Pékin, tout en consolidant la dissuasion française, souvent érigée en pilier d’une défense européenne autonome. Dans le monde arabe, le quotidien Gulf News met en garde contre le rôle accru de l’arme nucléaire dans les relations internationales, citant notamment le cas ambigu d’Israël. Les pays non nucléaires, notamment en Afrique francophone, observent avec préoccupation cette course aux armements qui pourrait déstabiliser davantage un ordre mondial déjà fracturé.
À l’avenir, les experts du SIPRI anticipent une poursuite de cette tendance, faute de volonté politique pour relancer le désarmement. La modernisation des forces nucléaires, programmée sur plusieurs décennies, engage les États dans une logique de long terme. Seule une reprise du dialogue multilatéral, impliquant l’ensemble des puissances nucléaires, pourrait enrayer cette dynamique jugée « dangereuse » par les chercheurs. Mais dans le contexte actuel de méfiance généralisée, un tel sursaut diplomatique paraît peu probable.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Les puissances nucléaires poursuivent sans relâche la modernisation et l'accroissement de leurs arsenaux. Les chiffres du SIPRI révèlent que la Russie et les États-Unis détiennent la part la plus importante des quelque 12 200 ogives recensées. Le récit est livré comme une chronique objective des programmes militaires en cours.
Le déplacement des ogives nucléaires vers les vecteurs opérationnels s'accélère, sapant des décennies de maîtrise des armements. Les chercheurs alertent sur le fait que cette dynamique aggrave le risque d'erreur de calcul et alourdit l'incertitude stratégique mondiale, entraînant le système international sur une pente plus dangereuse.
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