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lundi 8 juin 2026 · Édition de 20:00 CET

Mexique : quatre corps mutilés devant le Congrès du Guerrero

Quatre dépouilles mutilées ont été abandonnées en pleine rue devant le Congrès du Guerrero, tandis qu’un autre corps était découvert dans un camion-poubelle du centre de Mexico, révélant une violence qui gangrène le pays.

Société5 sources2 langues2 min de lectureMàj 03:23

La découverte, jeudi matin, de quatre cadavres mutilés – décapités selon certaines sources, démembrés selon d’autres – à bord d’un véhicule stationné juste derrière le Congrès de l’État du Guerrero, à Chilpancingo, a plongé le Mexique dans l’effroi. Les restes, enveloppés dans des sacs en plastique noir, avaient été répartis entre le coffre et la banquette arrière d’une Nissan blanche abandonnée sur le boulevard Vicente Guerrero, axe menant à l’autoroute du Soleil. Des témoins ont vu les enquêteurs remorquer le véhicule et constater l’état des corps, selon la presse mexicaine.

Cet acte, revendiqué par aucun groupe dans l’immédiat, s’inscrit dans la guerre que se livrent le Cartel de la Sierra et Los Ardillos pour le contrôle des routes de stupéfiants dans l’un des États les plus pauvres du pays. La presse brésilienne a elle aussi relayé l’information, signe que la barbarie dans le Guerrero – déjà marqué par des bombardements imputés à des milices communautaires et aux gangs – suscite une inquiétude au-delà des frontières latino-américaines. L’exposition de corps devant une institution législative rappelle les mises en scène macabres destinées à intimider le pouvoir politique.

À plus de trois cents kilomètres de là, un autre drame, plus discret, rappelait que la violence n’épargne pas la capitale. Un cadavre a été retrouvé au petit matin à l’intérieur d’un camion de collecte d’ordures dans le quartier de Cuauhtémoc, derrière le Jardin des arts graphiques, un secteur central de Mexico. La mairie a promis son entière collaboration à l’enquête, mais ce corps abandonné dans une benne à ordures dit la banalisation de la mort au quotidien. La simultanéité des deux macabres découvertes illustre combien l’insécurité innerve l’ensemble du territoire mexicain, des zones rurales montagneuses jusqu’aux artères fréquentées de la métropole.

Alors que la présidente Claudia Sheinbaum cherche à imprimer sa marque sur la stratégie de sécurité, ces événements posent la question de la capacité de l’État à protéger les institutions et les citoyens. La symbolique de corps jetés aux portes d’un parlement local, dans un État où les candidats aux élections sont régulièrement assassinés, constitue un défi direct à la légitimité démocratique. Les chancelleries européennes et les organisations de défense des droits humains, déjà alertées par la persistance des disparitions forcées, y verront un nouveau signe de l’emprise des réseaux criminels. À Chilpancingo comme à Mexico, les enquêtes ne font que commencer, mais l’avertissement, lui, est déjà reçu.

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