Drames souterrains : du charbon du Shanxi aux grottes inondées du Laos
Une explosion minière fait 82 morts en Chine, tandis qu'au Laos sept orpailleurs restent bloqués. Sauvetages en série, de New York au Cachemire, révèlent les fragilités des mondes confinés.

Le 22 mai, une violente explosion a ravagé la mine de charbon de Liushenyu, dans la province septentrionale du Shanxi, l’une des régions les plus carbonées de Chine. Le bilan provisoire s’élève à 82 morts, 128 blessés et deux disparus. L’accident, l’un des plus meurtriers de ces dernières années, a été aggravé par des cartes inexactes et l’absence de système de localisation des mineurs sous terre. La catastrophe rappelle la précarité persistante de la sécurité industrielle dans l’empire du charbon, malgré les réformes imposées depuis les années 2000.
À des milliers de kilomètres, une autre course contre la montre se joue dans les entrailles du Laos. Depuis le 19 mai, sept villageois sont piégés dans une grotte inondée de la province de Xaisomboun, où ils s’étaient aventurés pour chercher de l’or et du gibier. Une pluie torrentielle a provoqué une crue soudaine qui a obstrué l’entrée par des glissements de terrain. Les secours, venus de Thaïlande avec des plongeurs aguerris lors du sauvetage des jeunes footballeurs de Tham Luang en 2018, et épaulés par des équipes chinoises, explorent des galeries où le plafond ne dépasse parfois pas 60 centimètres. Le gouvernement laotien, très discret, n’a donné aucun signe de vie des disparus.
Ce chapelet de drames souterrains ne se limite pas à l’Asie. Dans l’État de New York, un randonneur est resté coincé six heures durant dans une anfractuosité de la grotte de Merlin, avant d’être extrait par des gardes forestiers. Et au Cachemire indien, plus de 200 touristes ont été évacués des cabines bloquées du téléphérique de Gulmarg, victime d’une panne technique. Ces incidents, du plus tragique au plus miraculeux, révèlent une même vulnérabilité des espaces confinés — qu’ils soient miniers, karstiques ou mécaniques.
Le recours à des experts ayant participé au sauvetage emblématique de Tham Luang illustre la montée d’une coopération régionale en Asie du Sud-Est, au-delà des tensions politiques. Toutefois, l’explosion du Shanxi montre que les leçons sécuritaires peinent à s’ancrer, alors que la demande énergétique asiatique maintient une pression sur l’extraction. Avec le dérèglement climatique, qui accentue les précipitations brutales, les crues éclair menaçant grottes et mines risquent de multiplier ces interventions complexes. Une solidarité à l’épreuve du temps.
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