Marta Kostyuk en demi-finale à Roland-Garros et le silence assourdissant des joueurs russes
Après avoir battu Elina Svitolina, la tenniswoman ukrainienne a fustigé l’absence de prise de position des athlètes russes sur la guerre, tout en citant Daria Kasatkina en contre-exemple.

L’accession de Marta Kostyuk à sa première demi-finale de Grand Chelem, mardi à Roland-Garros, a été éclipsée par la charge virulente de l’Ukrainienne contre le mutisme des joueurs russes face à l’invasion de son pays. Quelques heures après une nuit de frappes russes meurtrières, Kostyuk, en larmes, a dédié sa victoire sur Elina Svitolina « au peuple ukrainien et à sa résilience », avant de dénoncer ceux qui, selon elle, « se cachent derrière leur silence » depuis quatre ans de conflit.
Dans la presse anglo-saxonne, le quotidien britannique The Independent et les médias australiens ABC et The Sydney Morning Herald ont mis en exergue la virulence de ses propos, tout en soulignant l’exception notable saluée par la joueuse : le choix de la Russe Daria Kasatkina de représenter l’Australie, geste que Kostyuk présente comme la preuve qu’il existe « un moyen de [s]’exprimer si l’on n’est pas d’accord ». Ces titres insistent sur le caractère historique de ce parcours – Kostyuk est la première Ukrainienne en demi‑finale sur la terre battue parisienne – et sur la tension politique qui monte avant d’affronter la Russe Mirra Andreeva.
Les médias européens continentaux adoptent un angle plus sensible. En Italie, La Repubblica restitue l’émotion brute du court Philippe-Chatrier et le cri « Slava Ukraini » qui a fait trembler la voix de la sportive, tandis que le journal israélien Haaretz relaie sa dédicace à la résistance de ses compatriotes. La presse francophone canadienne (Le Devoir) rappelle un autre rituel symbolique : Kostyuk n’avait pas serré la main d’Andreeva après leur finale à Madrid, un mois plus tôt – geste devenu la norme pour les athlètes ukrainiens face à leurs adversaires russes, et qui confère à leur prochain duel une charge politique inédite.
Au‑delà du fait sportif, ce tournoi cristallise l’impossible neutralité des corps dans un espace mondialisé fracturé par la guerre. Reste à savoir si la demi-finale à venir, au cours de laquelle Kostyuk peut asseoir sa domination sur terre battue – elle n’y a pas perdu un match cette saison –, offrira une scène supplémentaire à sa contestation silencieuse.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Après une nuit de frappes russes meurtrières, une Marta Kostyuk en larmes se qualifie en demi-finale de Roland-Garros et exhorte les joueurs russes à se prononcer. Elle présente sa victoire comme un triomphe ukrainien, citant le changement d'allégeance de Kasatkina vers l'Australie comme la preuve que la parole est possible.
Kostyuk dédie en pleurs sa victoire au peuple ukrainien, après une nuit de frappes meurtrières à Kiev. Le duel entre Ukrainiennes avec Svitolina incarne la douleur nationale, ouvrant la voie à une demi-finale face à la Russe Andreeva.
La demi-finale de Kostyuk survient au lendemain d'une frappe russe ayant tué dix-huit civils, dont un enfant. Ses sanglots après avoir écarté Svitolina font du court une caisse de résonance du drame ukrainien, mêlant intimement compétition et guerre.
Roland-Garros se mue en échiquier géopolitique avec la demi-finale entre l'Ukrainienne Kostyuk et la Russe Andreeva, où plane l'ombre de l'invasion. Cinq ans de guerre pèsent sur chaque échange, transformant le tableau féminin en champ de tensions politiques.
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