Le pétrole plonge sous les 90 dollars, porté par l’espoir d’un accord entre Washington et Téhéran
L’annulation de frappes contre l’Iran et l’annonce d’un possible cessez-le-feu font chuter les cours du brut et du gaz. Mais Téhéran tempère ces anticipations.

Les marchés pétroliers ont connu vendredi 12 juin leur plus forte correction depuis deux mois. Vers 8 heures GMT, le baril de Brent de mer du Nord pour livraison en août 2026 cédait plus de 4 %, tombant à 87 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain reculait au-dessous de 85 dollars. Cette dégringolade, qui efface une partie des primes de risque accumulées, fait suite à l'annonce par le président Donald Trump de l'annulation de frappes planifiées contre l'Iran et de la perspective d'un accord de paix « dès ce week-end ».\n\nLa volte-face de Washington intervient après une semaine de tensions extrêmes dans le Golfe. Mercredi, Téhéran avait déclaré la fermeture du détroit d'Ormuz, étranglant une voie de passage cruciale pour près d'un cinquième du trafic pétrolier mondial. Les menaces de représailles américaines « très dures » avaient propulsé les cours à des sommets. L'annonce de pourparlers avancés et la possible signature d'un mémorandum par le vice-président JD Vance en Europe ont brutalement inversé la tendance. Mais la prudence reste de mise : l'agence semi-officielle iranienne Fars a démenti tout accord, et l'analyste Tony Sycamore (IG Markets) évoque un « espoir peut-être illusoire », tout en reconnaissant la rapidité de la réaction des marchés.\n\nLes médias latino-américains soulignent le contraste avec la période antérieure au conflit. Fin février, le brut s'échangeait autour de 72 dollars, rappellent Radio Mitre (Argentine) et CNN Brésil. Pour des pays importateurs comme le Brésil ou le Nigeria, un retour à ces niveaux allégerait les pressions inflationnistes, mais la presse nigériane (Daily Trust) tempère en citant des analystes selon lesquels seule une résolution totale de la crise permettrait un tel repli. Dans le Golfe, le quotidien émirati Gulf News insiste sur l'absence de perturbations physiques de l'offre et note que le brut de référence Murban plongeait de 3,74 % à 83,99 dollars.\n\nL'onde de choc s'est propagée aux marchés gaziers européens. Le contrat néerlandais TTF de référence a cédé 3,49 euros, à 46,20 euros le mégawattheure, et le contrat britannique pour juin a reculé de 9,3 pence. Pour un continent qui dépend encore largement des importations de gaz naturel liquéfié et dont les stocks restent modestes après un hiver rigoureux, cette détente est un ballon d'oxygène, mais elle demeure fragile tant que les négociations n'aboutissent pas. Les marchés, échaudés par les promesses non tenues du passé, oscilleront dans les prochains jours entre l'espoir d'une désescalade et la crainte d'un revirement.
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