Le New York Times dénonce le « vol éhonté » des contenus journalistiques par les géants de l’IA
A.G. Sulzberger, éditeur du New York Times, a accusé les entreprises d’intelligence artificielle de piller la propriété intellectuelle des médias et a appelé à une riposte collective pour préserver l’avenir du journalisme.

Dans un discours prononcé à l’ouverture du 77e Congrès mondial des éditeurs de presse (WAN-IFRA) à Marseille, le président du New York Times, Arthur Gregg Sulzberger, a dressé un réquisitoire implacable contre les entreprises d’intelligence artificielle générative. Il a dénoncé ce qu’il qualifie de « vol éhonté de la propriété intellectuelle » – un pillage qui, selon lui, atteint une ampleur inédite. Comparant ces pratiques au premier grand scandale du piratage musical avec Napster, M. Sulzberger a fustigé l’utilisation massive de contenus journalistiques pour entraîner des modèles comme ChatGPT ou Gemini, sans autorisation ni compensation, ce qu’il nomme le « péché originel » de l’IA. « Notre profession a été trop discrète, trop passive, trop divisée face à ces abus », a-t-il regretté, appelant les médias du monde entier à une union sacrée.
Les échos de cette charge se sont répercutés bien au-delà du Vieux Continent. En Amérique latine, la presse colombienne et péruvienne a mis l’accent sur la dimension prédatrice de ces technologies, insistant sur le risque d’un appauvrissement de l’information. Au Moyen-Orient, les médias arabes ont souligné la mise en garde du directeur du New York Times quant à un avenir où « le nombre de journalistes capables de réaliser le travail coûteux et difficile du reportage original ne cessera de diminuer ». La Chine, à travers des plateformes comme Storm Media, a offert un éclairage plus nuancé, rapportant la réponse de M. Sulzberger à ceux qui l’accusent d’être anti-IA : il a rappelé que son journal utilise l’intelligence artificielle de manière éthique, avec une supervision humaine, et que le problème ne réside pas dans la technologie en soi, mais dans les choix des entreprises qui la développent. Au Brésil, le parallèle avec Napster a ravivé le souvenir des batailles juridiques contre le téléchargement illégal, tout en soulignant la dimension « parasitaire » d’une industrie devenue l’une des plus riches de l’histoire.
Le propos de M. Sulzberger s’inscrit dans un bras de fer multidimensionnel. D’un côté, il reconnaît que le New York Times a noué dans le passé des partenariats respectueux avec des entreprises technologiques et qu’il ne s’agit pas de rejeter l’innovation. De l’autre, il déplore que les géants de l’IA – OpenAI, Microsoft, Google, Meta – se soient construits en « détournant l’espace public » et en refusant de rémunérer les producteurs de contenus originaux. Le quotidien américain a d’ailleurs porté l’affaire devant les tribunaux. Mais l’enjeu dépasse le simple conflit juridique : il touche à la viabilité même d’un journalisme indépendant, essentiel à la démocratie, face à des machines capables de générer des synthèses qui, sans jamais remplacer l’investigation, menacent d’assécher ses sources de financement.
L’avenir de cette confrontation reste incertain. Alors que l’Union européenne finalise son règlement sur l’intelligence artificielle, qui pourrait imposer des obligations de transparence sur les données d’entraînement, la mobilisation des éditeurs de presse au niveau mondial se fait plus pressante. Le cri d’alarme de M. Sulzberger résonne comme un appel à ne pas reproduire les erreurs du passé, lorsque les industries culturelles avaient tardé à réagir face au bouleversement numérique. La question est désormais de savoir si les médias sauront dépasser leurs divisions pour inventer un modèle où l’intelligence artificielle, plutôt que de « tuer » le reportage original, en devienne un auxiliaire rémunérateur – ou si, comme le redoute le patron du New York Times, nous nous acheminons vers un monde de « répliquants » sans journalistes.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Le directeur du New York Times tire la sonnette d'alarme : les entreprises d'IA pillent sans scrupule la propriété intellectuelle des médias, un vol à l'échelle inédite qui menace l'existence même du journalisme. En établissant un parallèle avec la piraterie de l'ère Napster, l'intervention dénonce un parasitisme délibéré. L'ensemble du discours appelle à un sursaut collectif pour sauvegarder l'information de qualité.
Le patron du New York Times accuse les entreprises d'IA de vol de propriété intellectuelle, une prise de parole rapportée avec une certaine réserve. L'avertissement sur la diminution future du nombre de journalistes est relevé, mais l'angle reste celui d'un constat prudent, sans emphase particulière. La tonalité générale est celle du scepticisme mesuré, centrée sur l'événement lui-même.
La charge du patron du New York Times contre les entreprises d'IA constitue un tournant dans le bras de fer entre éditeurs de presse et géants de la tech. L'intervention à Marseille mêle alerte existentielle pour le journalisme et appel à une stratégie de négociation collective des droits. Le conflit se lit désormais comme un test majeur pour la propriété intellectuelle, alors que la justice doit trancher entre contrefaçon et usage loyal.
Alors que l'éditeur d'un titre libéral américain déplore un prétendu vol par l'IA, les observateurs russes relèvent l'ironie d'un organe médiatique occidental qui réclame soudain une protection. La plainte est présentée comme un signe de panique face au déclin d'un ancien monopole de l'information. L'épisode sert à souligner les contradictions occidentales en matière de droits numériques et de souveraineté de l'information.
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