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Le blocus du détroit d’Ormuz par Washington : escalade, dissensions et risques globaux

Après l’échec des pourparlers d’Islamabad, les États-Unis imposent un blocus naval contre les ports iraniens, provoquant tensions avec Pékin, réticences européennes et craintes d’une crise alimentaire mondiale.

Économie21 sources4 langues3 min de lectureMàj 09:41

Lundi 13 avril 2026, trois heures de l’après-midi heure de Washington : le blocus américain du détroit d’Ormuz entre en vigueur, conséquence directe de l’échec d’un marathon diplomatique de vingt et une heures à Islamabad entre le vice-président J.D. Vance et la délégation iranienne. Tandis que Donald Trump menace d’« anéantir » tout navire d’attaque iranien s’approchant de ses forces, Téhéran dénonce un acte de piraterie et maintient que le détroit, dont il contrôle déjà l’accès après l’avoir fermé aux pétroliers étrangers au début de la guerre, reste ouvert aux seuls bâtiments agréés. Ce jeu de blocus croisés – l’un interdisant l’essentiel du trafic mondial, l’autre visant les approvisionnements iraniens – marque un dangereux engrenage qui échappe aux logiques initiales de la campagne aérienne américano-israélienne.

La réaction des puissances extérieures illustre l’absence de consensus allié. À Londres, le premier ministre Keir Starmer refuse catégoriquement de participer au blocus et annonce la mobilisation d’une quarantaine de pays pour rouvrir le détroit, dénonçant autant l’action de Téhéran que la méthode unilatérale de Washington. Pékin, par la voix du ministre de la défense, l’amiral Dong Jun, élève le ton : « Nos navires continueront de circuler dans les eaux du détroit, nous respecterons nos engagements commerciaux et énergétiques avec l’Iran et attendons des autres qu’ils ne s’immiscent pas dans nos affaires. » Une mise en garde contre toute interception de pétroliers chinois, qui fait planer le spectre d’une confrontation directe entre les deux premières marines du globe. Les capitales européennes, Madrid et Paris en tête, expriment leur embarras, tandis que les médiateurs pakistanais s’activent pour obtenir une nouvelle rencontre avant l’expiration du fragile cessez-le-feu.

Au-delà du face-à-face militaire, le blocus installe une pression économique aux conséquences planétaires. En quelques jours, le trafic quotidien dans le détroit s’est effondré de 100-120 navires à trois ou quatre passages autorisés par l’Iran, faisant vaciller les cours du brut qui, après avoir dépassé les 100 dollars, refluent sur fond d’espoirs de pourparlers. Pourtant, l’Organisation des Nations unies et plusieurs ONG mettent en garde contre une crise alimentaire mondiale, les perturbations du fret menaçant les livraisons de céréales et d’engrais. Sur le plan juridique, l’analyse des spécialistes du droit international est sans équivoque : en entravant la navigation dans un détroit international, Washington s’expose au même reproche que Téhéran, celui de violer le principe fondamental de liberté de passage. L’éditorialiste britannique du Financial Times résume la symétrie : « Plus longtemps le détroit restera fermé, plus la pression économique et politique sur les États-Unis et leurs alliés montera, renforçant la main de l’Iran. »

L’administration Trump croit pouvoir compenser l’impasse des bombardements par l’asphyxie maritime, mais cette mue stratégique porte déjà les germes d’une extension du conflit. Les rebelles houthis, alliés de Téhéran, pourraient activer un second verrou au Bab al-Mandab, la « porte des Larmes », étranglant le trafic pétrolier saoudien et la mer Rouge. Dans ce contexte, le pari iranien selon lequel le temps joue en sa faveur s’appuie sur la divergence d’intérêts entre Washington, Pékin et les Européens, et sur la capacité de nuisance des forces navales rapides survivantes, bien que Trump les ait déclarées « intégralement oblitérées ». La suite dépend moins des canons que de la capacité des médiations à faire émerger un compromis avant que le Golfe ne devienne le théâtre d’un affrontement incontrôlé.

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