Se connecter
Édition de 20:00 CETmercredi 10 juin 2026
287 sources · 16 langues17 briefings aujourd'hui
mardi 9 juin 2026 · Édition de 06:00 CET

Blocus américain du détroit d’Ormuz : une escalade qui menace l’économie mondiale

Après l’échec des pourparlers au Pakistan, Washington impose un blocus naval des ports iraniens, suscitant l’opposition de Londres, les mises en garde de Pékin et les craintes d’une crise énergétique globale.

Économie21 sources4 langues3 min de lectureMàj 09:42

Le 13 avril 2026, les États-Unis ont mis en œuvre un blocus naval du détroit d’Ormuz, ciblant les ports iraniens, au lendemain de l’échec retentissant de négociations marathon à Islamabad. Le président Donald Trump, qui avait déjà qualifié d’« extorsion » le péage imposé par Téhéran aux navires transitant par le détroit, a averti que tout bateau iranien approchant le blocus serait « éliminé ». Cette décision marque un tournant stratégique : après six semaines de bombardements aériens conjoints avec Israël qui n’ont pas fait plier la République islamique, Washington tente désormais l’asphyxie économique, selon les analyses de la presse américaine.

Les conséquences économiques mondiales sont immédiates. D’ordinaire, une centaine de navires franchissent quotidiennement ce goulet énergétique vital ; désormais, à peine trois ou quatre y parviennent, sous contrôle iranien, rapportent des médias anglo-saxons. Le Royaume-Uni, par la voix du premier ministre Keir Starmer, a refusé de soutenir le blocus, le jugeant illégal au regard du droit international de la navigation dans les détroits, et a annoncé la constitution d’une coalition de quarante pays pour exiger sa levée. Les juristes consultés par la presse britannique soulignent que si le blocus se limite aux ports iraniens, sa compatibilité avec la liberté de passage reste douteuse.

Les puissances asiatiques, elles, réagissent avec fermeté. La Chine a mis en garde Washington contre toute interférence dans ses relations commerciales avec l’Iran, affirmant que ses pétroliers continueraient d’emprunter la voie d’eau, selon des dépêches reprises par la presse indienne. Cette posture accroît le risque d’un affrontement direct entre les marines américaine et chinoise, certains éditorialistes britanniques évoquant même un risque de « piraterie d’État » de la part des États-Unis. Parallèlement, les rebelles houthis du Yémen, alliés de Téhéran, pourraient bloquer le détroit de Bab al-Mandab, autre goulet stratégique, ajoutant une dimension supplémentaire au chaos maritime, note un rapport américain.

Sur le front diplomatique, le Pakistan multiplie les efforts pour arracher une seconde session de pourparlers avant l’expiration du fragile cessez-le-feu prolongé jusqu’à jeudi avec les alliés régionaux de l’Iran. Les signaux sont contradictoires : Donald Trump affirme que Téhéran veut « à tout prix » un accord, tandis que le vice-président J.D. Vance juge que des progrès insuffisants ont été réalisés. Les cours du brut, après avoir bondi, ont légèrement reculé sous la barre des 100 dollars, portés par l’espoir d’une reprise du dialogue, selon les informations en provenance des places financières indiennes.

À terme, le blocus pourrait se révéler une arme à double tranchant. En refermant le détroit sur lui-même, Washington et Téhéran étranglent conjointement le commerce mondial, faisant peser une menace de crise alimentaire, comme le souligne un correspondant australien. Si le temps joue en faveur de l’Iran, dont la résistance économique s’est endurcie, le pari américain de forcer la main de ses alliés réticents à rejoindre le conflit pourrait se heurter à une opposition internationale grandissante. Le monde retient son souffle, suspendu à ce mince filet de navires qui franchit encore le détroit.

Cette actualité est parue dans

21 sources · 4 langues · fenêtre 24 h

7NEWS
Mint
The Sydney Morning Herald
Australian Broadcasting Corporation (ABC)
Atlasinfo
The Times of India
NBC News
NDTV