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vendredi 29 mai 2026 · Édition de 10:00 CET

La guerre en Ukraine, gouffre financier pour Moscou et facteur de tensions économiques en Europe

Les dépenses militaires russes excèdent de 260 milliards de couronnes le budget, imposant un gel des dépenses civiles. La technologie rend les conflits plus coûteux, tandis que l’économie allemande résiste et que la Suède connaît des remous sociaux.

Économie5 sources4 langues3 min de lectureMàj 14:10

Selon des révélations du Financial Times reprises par les quotidiens suédois Dagens Industri et Aftonbladet, ainsi que par le média russe Meduza, le ministre russe des Finances, Anton Siluanov, a demandé en février au gouvernement de geler l’ensemble des dépenses budgétaires non militaires pour 2026, pour un montant de 2 900 milliards de roubles. Cette mesure drastique vise à compenser le dérapage des coûts de la guerre en Ukraine, qui devraient dépasser d’environ 2 000 milliards de roubles (soit 260 milliards de couronnes suédoises) le budget initialement prévu. Déjà, 40 % du budget de l’État sont absorbés par l’effort de guerre, et le déficit programmé pour 2026 a été entièrement consommé dès le premier trimestre, signe d’une économie de guerre en surchauffe.

Cette hémorragie financière s’inscrit dans une mutation plus large de la conflictualité contemporaine, analyse le journal économique iranien Donya-e Eqtesad. Les technologies intelligentes – drones, systèmes de défense avancés – ont rendu les offensives bien plus coûteuses et incertaines. L’enlisement russe en Ukraine, tout comme les frappes américaines contre l’Iran qui n’ont pas atteint leurs objectifs décisifs, illustrent la fin des interventions rapides et bon marché. Cette perspective souligne que même les grandes puissances sont contraintes de réévaluer le rapport coût-bénéfice de l’aventure militaire.

En Europe, les répercussions économiques de cette instabilité se font sentir de manière contrastée. Le taux de chômage allemand a reculé à 6,3 % en mai, selon des données relayées par Dagens Industri, signalant une résilience inattendue du marché du travail outre-Rhin. Pourtant, les tensions sociales ne sont pas absentes, comme en témoigne la suspension par le syndicat suédois IF Metall de certaines actions de grève contre Tesla – un conflit qui reflète les pressions exercées sur les modèles sociaux nordiques dans un contexte de turbulences géopolitiques et de mutations industrielles.

Si l’on se tourne vers l’avenir, la situation budgétaire russe pourrait encore se dégrader. Le courrier de Siluanov, rédigé avant l’escalade au Moyen-Orient qui a provoqué une hausse des prix du pétrole, envisage dans un scénario négatif une réduction supplémentaire des dépenses de 7 100 milliards de roubles d’ici 2028. La dépendance de Moscou aux revenus des hydrocarbures reste un talon d’Achille, alors que les sanctions occidentales continuent d’éroder ses marges de manœuvre. Pour l’Europe, la prolongation du conflit ukrainien signifie non seulement un fardeau sécuritaire, mais aussi un risque de contagion économique susceptible d’accentuer les divisions internes et de fragiliser des compromis sociaux déjà mis à l’épreuve.

Cette actualité est parue dans

5 sources · 4 langues · fenêtre 24 h

Donya-e Eqtesad29 mai, 10:40
Dagens Industri29 mai, 10:45
Meduza29 mai, 10:41
Financial Times29 mai, 08:33
Aftonbladet29 mai, 10:46