L’or ghanéen, le lithium argentin et le soja brésilien illustrent le nouvel essor des matières premières
Portés par des cours élevés et une demande mondiale robuste, les pays du Sud enregistrent des records de production, redessinant leurs équilibres économiques et leur place dans le commerce international.

La production aurifère du Ghana a bondi de 23,4 % en 2025 pour atteindre 5,94 millions d’onces, un niveau inédit qui doit beaucoup à l’essor du secteur minier à petite échelle. Selon les données de la Chambre des mines ghanéenne, cette activité artisanale et semi-industrielle a vu sa production grimper de 63,8 %, représentant pour la première fois depuis plus d’un siècle plus de la moitié (52,4 %) de l’extraction nationale. Ce basculement, qui relègue temporairement les grands opérateurs industriels au second plan, témoigne d’une recomposition profonde du paysage extractif ouest-africain, stimulée par la flambée des cours de l’or et une régulation plus souple. Les autorités tablent désormais sur une production d’au moins six millions d’onces en 2026, confortant le rang du pays comme premier producteur continental.
Sur le continent sud-américain, d’autres records se confirment dans les secteurs minier et agricole. En Argentine, les exportations minières, portées par le lithium, devraient dépasser les neuf milliards de dollars en 2026, selon la Chambre argentine des entreprises minières (CAEM). Après avoir atteint 6,075 milliards de dollars en 2025 (+31 % sur un an et cinquième année consécutive de hausse), le secteur pourrait représenter un dixième des recettes d’exportation du pays, le lithium compensant un léger repli productif de l’or et de l’argent. Ce dynamisme s’appuie sur des investissements comme celui du projet de lithium sous le régime RIGI, doté de 1,166 milliard de dollars pour doubler sa capacité. Parallèlement, la production agricole argentine se projette vers une récolte record de 177 millions de tonnes à l’horizon 2034-2035, à condition d’un doublement des apports en nutriments, souligne une étude de la Fondation Producir Conservando. Au Brésil, l’agro-industrie confirme sa puissance : en mai, elle a représenté la moitié (50,2 %) des ventes extérieures du pays, pour une valeur de seize milliards de dollars, en hausse de 8,2 % sur un an. La ville de Rio Verde, dans le Goiás, a à elle seule exporté pour 300,8 millions de dollars, essentiellement grâce au soja.
Ces performances illustrent une tendance mondiale où la demande de ressources – des métaux de la transition énergétique aux denrées alimentaires – renforce le poids des économies émergentes. Elles n’en posent pas moins des défis structurels : au Ghana, le poids croissant des petits exploitants soulève des interrogations sur la durabilité environnementale et la formalisation du secteur ; en Argentine, la dépendance aux cours internationaux et les besoins en infrastructures et en intrants agricoles rappellent la fragilité de ces modèles. Pour l’Europe, qui importe une part croissante de ces matières premières, la sécurisation des approvisionnements et le dialogue avec ces régions deviennent des enjeux stratégiques majeurs.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
La production aurifère du Ghana a augmenté de 23,4 % en 2025, portée par l'exploitation à petite échelle qui dépasse désormais les grandes mines et représente plus de la moitié de l'extraction nationale. Les chiffres, communiqués par la Chambre des Mines, sont livrés de manière neutre et technique, sans commentaire ni dramatisation.
Les secteurs minier et agroalimentaire s'imposent comme le moteur de l'économie latino-américaine : les exportations minières de l'Argentine pourraient dépasser 9 milliards de dollars en 2026, portées par le lithium, tandis que le Brésil voit la moitié de ses ventes extérieures provenir de l'agribusiness. Le récit régional projette l'image d'un continent devenu une puissance mondiale des matières premières, alliant pragmatisme économique et fierté mesurée.
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